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Le parti Rautahi remercie toutes les électrices et tous les électeurs qui ont accordé leur vote de confiance à l'alliance autonomiste de To Tatou Ai'a. Nous avons reçu aujourd'hui les chiffres définitifs des résultats électoraux: 170 221 inscrits, 130 224 votants, un taux de participation de 76,51%, 1241 bulletins blancs et 128 983 bulletins exprimés. 21965 voix pour le Tahoera'a (17%), 49259 voix pour le Tavini (38%) et 57 759 voix pour To Tatou Ai'a, soit 45% des suffrages. 

Si l'ancien mode de scrutin était encore en vigueur, l'alliance de To Tatou Ai'a aurait aujourd'hui 37 sièges à l'assemblée de la Polynésie française, ce qui est phénoménal: même le Taui de 2004 n'aurait pas rêvé un tel résultat. Selon les représentations politiques, les interprétations des résultats électoraux varient et plusieurs scenarii et rumeurs sont dans l'air: aujourd'hui les Nouvelles de Tahiti annoncent qu'une longue conversation entre Oscar Temaru et Gaston Flosse a eu lieu le 11 février, le premier souhaitant "renvoyer l'ascenceur" au second pour la présidence du pays. 

Ce matin, au CESC, To Tatou Ai'a rencontre le Tahoera'a, dans le cadre d'une ouverture et d'un échange productif entre des composantes autonomistes qui représentent tout de même plus de 60% des suffrages: la population est largement autonomiste à ce jour et il semble essentiel de respecter les voix des urnes. 

Nous souhaitons, pour notre part, que les négociations quelles qu'elles soient, respectent le choix des électeurs qui nous ont accordé un vote de confiance. L'objectif principal étant de pouvoir mettre en oeuvre le programme des 225 mesures de To Tatou Ai'a et de pouvoir garantir à la population la stabilité tant désirée.

Notre assemblée de la Polynésie française changera de visage le jeudi 21 février. Nous vous soumettons ci-dessous les listes des représentants:

10 représentants pour le Tahoera'a Huiratiraa (moyenne d'âge des représentants, 53 ans)

Gaston Flosse
Armelle Merceron
Edouard Fritch
Teura Iriti
Teva Rohfritsch
Chantal Galenon
Lana Tetuanui
Frédéric Riveta
René Kohumoetini
Monique Richeton


20 représentants pour le l'UPLD-Tavini Huiraatira'a (moyenne d'âge, 54 ans)

Oscar Temaru
Maryse Ollivier
Antony Géros
Unutea Hirshon
James Salmon
Tamara Bopp Dupont
Pierre Frébault
Valentina Cross
Jean-Marius Raapoto
Françoise Tama
Jaqui Drollet
Juliana Mati
Georges Handerson
Catherine Buillard
Justine Teura
Ismael Tuahu
Annick Afo
Chantal Tahiata
Michel Yip
Vito Maamaatuaiahutapu

27 représentants pour l'alliance autonomiste de To Tatou Ai'a (moyenne d'âge 47 ans)

Gaston Tong Sang
Béatrice Vernaudon
Jean-Christophe Bouissou
Heifara Izal
Philip Schyle
Sandra Levy-Agami
Robert Tanseau
Daphné Chavey
Clarenntz Vernaudon
Rosine Brodien
Tearii Alpha
Emma Algan
Hiro Tefaarere
Maina Sage
At Chong Tchoun You Thung Hee
Eleanor Parker
Teikinui Porlier
Marcelin Lisan
Emma Maraea
Mita Teriipaia
Sylviane Terooatea
Fernand Roomataaroa
Benoit Kautai
Joelle Frébault
Teina Maraeura
Léonie Mataoa
Temauri Foster


Nous vous remercions, à nouveau, pour la confiance que vous avez accordé à To Tatou Ai'a le 10 février 2008. Dans son discours du dimanche 10 février au soir, monsieur Gaston Tong Sang nous a rappelé qu'il souhaitait que notre Polynésie française vive une ère de stabilité et que toute la population, indépendamment des choix politiques, fera partie intégrante du développement économique et social: ni exclusions, ni querelles politiciennes n'ont leur place dans l'esprit autonomiste de notre politique. Une page se tourne et les nouveaux représentants politiques ont désormais le devoir de respecter la voie des urnes.

à bientôt et souhaitons le meilleur à venir,

cellule communication.

Ainsi se termine notre série d'entretiens "Un jour, une Femme", avec Thilda Fuller du Fetia Api. Nous remercions les colistières de To Tatou Ai'a qui ont accepté de répondre à nos questions, et nous regrettons de ne pas avoir pu vous faire connaître bien d'autres personnes qui sont sur la liste de To Tatou Ai'a, la campagne prend officiellement fin ce vendredi soir à minuit.

Ce que j'ai retenu de ces entretiens, c'est le caractère déterminé de ces femmes politiques, centrées sur leurs objectifs,  leurs volontés  de façonner un "meilleur des mondes" et  le fait qu'elles soient mères,  a du les motiver  pour beaucoup.

C'est un autre regard sur la  politique,  un regard nouveau qu'elles nous proposent. Ces  femmes  ont des parcours différents, sont issues de partis  politiques différents,  elles sont  Polynésiennes  et  aiment  certainement leur pays.  Les rencontrer  a été une expérience enrichissante, entre  bouffées de rires et regards sévères,  elles sont  positivistes  en beaucoup de points. Leurs échecs  personnels  ne sont plus des échecs dès le moment où elles savent  se remettre en question et  se tourner  vers l'avenir.

To Tatou Ai'a est composé de 8 partis politiques; si tous ses membres ont l'ouverture, la tolérance et la réflexion de ces quelques femmes, nous n'avons pas de soucis à nous faire: Gaston Tong Sang a su prouver qu'il était un homme de consensus et le bilan de ses actions gouvernementales pendant 8 mois est complet. Je vous invite, si vous le pouvez, à consulter son discours lors de la réélection du président de la Polynésie française en septembre 2007 sur le site de l'assemblée dans les archives de séances: tout y est dit, les choses promises ont été dues. Un exemple, l'APAC, aide à la production audiovisuelle, la réduction des dépenses de fonctionnement, entre autres.

Mais surtout, il est temps, maintenant, de tourner la page de la discorde, du racisme, des dénigrements. Notre pays a en lui, tant de jeunes qui sont plein d'espoirs et de vie, que nos représentants n'ont plus le droit de les décevoir.

Nous souhaitons, à Rautahi, que le programme de To Tatou Ai'a sur lequel ont travaillé une vingtaine de personnes issues de 8 partis différents, que ce programme pourra voir le jour et ceci dans des conditions politiques favorables. La campagne politique a pu être épuisante pour certains, mais elle nous a motivés, elle nous a réunis autour de mêmes thèmes qui sont le respect, la volonté de transparence, et la technicité, la compétence. Notre campagne s'est voulue constructive et non pas destructive. Nous persistons à croire en la Justice et nous ne nous substituerons pas à elle. Nous avons canalisé notre énergie sur notre programme, par respect pour notre électorat. Et nous travaillerons, nous entretiendrons la culture du résultat: nous y croyons.

Quel que soit les scrutins de ce dimanche 10 février, notre expérience commune et notre défense sincère de l'autonomie se poursuivront. Car nous sommes bien, dans l'autonomie; notre Pays a ses spécificités, ses identités, sa richesse est son brassage ethnique et nous en sommes fiers. 


Tournons nous, vers l'avenir, et votons pour To Tatou Ai'a!



tf.JPGThilda Fuller a « un faible pour les petits », elle a été institutrice pendant 10 ans, puis directrice d’école maternelle. Elle est née à Paris de parents polynésiens, elle est métissée chinoise, anglaise de part son grand-père, espagnole, française… bref, c’est une Polynésienne. Mère de deux filles, elle a connu un divorce et vit désormais, heureuse, en concubinage. Pendant 20 ans elle s’est investie dans le syndicalisme des enseignants, mais rien vraiment ne la prédestinait à une carrière politique, sa véritable passion étant les enfants.

 

Dans cet entretien, Thilda Fuller s’exprime franchement sur l’interview accordée par Oscar Temaru aux Nouvelles de Tahiti, cette semaine. Elle parle avec son cœur en nous donnant quelques anecdotes de son expérience à l’assemblée, et c’est tout un autre monde que celui des journaux que l’on découvre. Dans son bureau de la permanence du Fetia Api, plusieurs photos de Boris Léontieff, un homme qui est toujours présent, selon Thilda.

 

  1. TF, qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la politique ?

 

Ce n’est pas un choix personnel, j’ai commencé au Tahoera’a, avec une amie, Démécia Léontieff, l’ex femme d’Alexandre Léontieff. J’avais 26 ans. Je suivais mon amie dans les meetings, j’intervenais, on distribuait des tracts… j’ai toujours eu des convictions autonomistes. En désaccord avec le Tahoera’a Huiraatira à l’époque, j’ai suivi Alexandre Léontieff qui a créé son parti Te Tiamara ; mais je n’ai jamais été active dans ce parti et puis, lorsque Gaston Flosse renverse Alexandre Léontieff, celui-ci qui avait de sérieux problèmes avec la justice finira par rejoindre Oscar Temaru ! Je ne pouvais pas le suivre dans un parti indépendantiste, alors je me suis mise en retrait de ce monde politique.

 

En 1995, Boris Léontieff monte son parti. Je l’observais, mais je n’ai pas adhéré. On était sur la même longueur d’onde sur beaucoup de sujets. En 2001, avec la parité obligatoire, Boris m’a appelée, il voulait que je me joigne au Fetia Api. C’est vrai que la parité a été une prise de conscience pour les hommes politiques… j’appréciais ses prises de position, mais j’ai refusé une première fois. Il m’a rappelée une seconde fois et je lui ai dis : « je ne parle pas le tahitien ! », il m’a répondu « tu apprendras ! », mais j’ai refusé à nouveau. Il voulait prendre avec lui des gens de tous les horizons. Enfin la 3ème fois, après avoir concerté ma famille, j’ai accepté. Il m’a placée en 4ème position sur la liste : je ne pensais pas que nous passerions, alors je n’y croyais pas trop. Ça a été une surprise, en 2001 on a eu 6 places !

 

  1. Lors de vos interventions dans les meetings, vous exprimez toujours une pensée pour Boris Léontieff. Pourriez-vous nous parler de cet homme, en quoi vous a-t-il marqué ?

 

undefinedPhoto de Boris Léontieff, dans le bureau de Thilda Fuller





















(Silence, Thilda est émue)… C’est avec lui que j’ai démarré. Je suis persuadée que s’il était toujours là, il serait président aujourd’hui. A l’époque, il a eu le courage de contrer Gaston Flosse, c’était le seul qui avait le courage de ses opinions. Toujours calme, honnête, compétent… Gaston Tong Sang a certains de ses traits de caractère. On savait où on allait avec lui. Mais Boris est toujours présent, il avait beaucoup de charisme.


  1. Quel est l’état de santé du Fetia Api et de son président? 

Philippe Schyle va beaucoup mieux. Après son attaque, il avait décidé de tout arrêter. Ce sont les évènements qui l’ont remotivé. Il a repris du poil de la bête … je l’ai beaucoup encouragé, même un peu bousculé pour qu’il revienne.

  1. Qu’avez-vous retenu, de votre expérience personnelle, des dernières élections législatives ?

 

Ça a été difficile parce que jusqu’au dernier moment, on ne savait pas si Philippe allait revenir ou pas. Pas évident de tout faire en un mois ! Je trouve qu’avec Henriette, on s’en est bien sorties. En face de nous, il y avait de grosses pointures. Nous avons beaucoup appris, on ne regrette rien. Si Philippe avait été là, les choses auraient sans doute été plus faciles. En fait, ça nous a permis de nous renforcer, parce qu’Henriette et moi, nous sommes plutôt de nature réservée et le terrain, ça forme !

 

  1. Votre mandat à l’assemblée a-t-il modifié votre vie de femme et de mère ?

En tant que femme, je suis restée fidèle à moi-même. En tant que mère, ce fut autre chose. Ma petite se plaignait souvent de mon absence, j’étais tout le temps en réunion. Heureusement que les grands-parents étaient là. On est très pris, on n’a pas d’horaire, des réunions le soir… C’est une question d’organisation. J’ai voulu arrêter pour elle et puis elle a fini par comprendre.

quant à mon expérience dans l’hémicycle de l’assemblée, j’avais moins de mal avec mes petits à l’école ! C’était parfois une vraie cour de récréation : ils n’arrêtaient pas de se disputer et dehors, une fois sortis… ils étaient tous copains. Tout ça m’a véritablement confortée dans mes valeurs autonomistes et puis je pense qu’on doit travailler plus, il faut se battre pour que les choses changent véritablement plutôt que de se noyer dans des querelles futiles.

  1. Quelles sont les difficultés que peuvent rencontrer les femmes dans un monde politique d’hommes ?

 

buroTF.JPGLa parité est une chose, mais le comportement parfois méprisant de certains hommes politiques existe encore… il ne faut pas généraliser, certains nous considèrent leur égal. C’est parfois difficile de s’affirmer en tant que femme politique.

J’ai deux petites anecdotes à ce sujet.

 

Lors d’une commission qui se réunissait sur la modification de la Loi Organique, je me suis trouvée seule face à Jacky Briant et Gaston Flosse, assis juste à côté de lui. Etrangement (et c’est bien la première fois) pratiquement tous les représentants Tavini et Tahoera’a étaient présents. J’ai dû tenir tête à Gaston Flosse et Jacky Briant à la fois. C’était incroyable, Jacky Briant défendait les propositions de Gaston Flosse, sur les taux de sélection des élections et Gaston Flosse réfutait une élection à deux tours : il s’est emporté et a prétendu que je n’y comprenais rien. Il y avait beaucoup de mépris dans ses propos. Mais je suis restée sur mes positions… cette situation de les voir ainsi liés contre moi était troublante. Jacky Briant est venu me trouver à la fin de la commission pour s’excuser en quelque sorte…

 

Une autre anecdote : un jour en séance, j’ai déposé un amendement, comme d’autres personnes l’avaient fait également. Alors Gaston Flosse a dit « Madame Fuller, vous jouez à la grande dame ! »… Dans ces cas là, oui, c’est difficile d’être une femme politique dans un monde politique dominé par des hommes.

 

  1. Oscar Temaru a donné une interview au quotidien des Nouvelles, enregistrée et retranscrite dans son intégralité, afin que le journaliste ne soit pas accusé d’avoir déformé les réponses du président du Tavini Huiraatira. Vos réactions aux propos suivants :

    1. « Les jeunes aujourd’hui commencent à comprendre que s’il y a quelqu’un qui dit la vérité, c’est Oscar Temaru »

Je ne suis pas d’accord. Il n’a sans doute vu qu’une minorité de jeunes ; ça ne reflète pas la réalité des choses.

  1. « C’est la seule façon d’expliquer ces chiffres [scrutins]. Bon, dans cet électorat, il faut le dire, il y a tous les popa’a, tous les Chinois, mais aussi des gens de chez nous qui ont balancé de ce côté-là. Ceux qui profitent du système… Il y a tout ceux-là »

 

J’appelle ça du racisme. Voir Gaston Tong-Sang gouverner les a sans doute beaucoup dérangés.

  1. « Il [Gaston Flosse] a préparé les Accords de Tahiti Nui qui prévoyaient la possibilité de poser la question de l’autodétermination au bout d’une vingtaine d’années. »

 

Premièrement, je n’ai jamais vu ces accords. La population a peut-être son mot à dire, non ?

Ensuite, il me semblait bien que ces accords devaient être écrits par un indépendantiste, monsieur Temaru. Pourquoi Gaston Flosse aurait-il écrit ces accords ?

Et puis, troisièmement, voilà qu’Oscar Temaru parle encore de l’autodétermination. Il n’a jamais été clair à ce sujet. Lorsque nous avions soutenu le Taui en 2004, il nous avait dit oralement qu’il n’en parlerait pas pendant 15 ans, il n’a pas tenu sa parole. On ne peut pas lui faire confiance.

  1. « Je lui ai dit à Gaston : ‘Renverser le gouvernement Tong Sang, ça ne m’intéresse pas du tout, mais alors pas du tout’ »

 

Alors pourquoi l’a-t-il fait dans ce cas là ? Pourquoi a-t-il déposé une motion de censure s’il ne voulait pas renverser le gouvernement de Gaston Tong Sang ?

 

  1. « Si nous obtenons la majorité le 10 février, [Le référendum pour l’indépendance] pour tout de suite »

 

Vu le résultat du premier tour, nous n’avons pas à nous en soucier : la population est majoritairement autonomiste. Il est clair, cependant, que le référendum évacuerait la question une bonne fois pour toute.

 

  1. TF, qu’est-ce qu’une Polynésienne, aujourd’hui ?thilda.JPG

 



















Une femme attachée à sa culture qui a su s’adapter à l’évolution rapide de la société, à la modernité. Nous avons de nombreuses associations de femmes, elles sont responsables, et même lorsqu’elles n’ont pas d’emplois, elles ont de l’assurance. La Polynésienne a le courage de ses opinions. Elle ose s’exprimer.

 

  1. Quelle est la plus belle richesse de notre pays, quel est son talon d’Achille ?

 

Ce sont nos îles. Notre environnement. Notre population pluriethnique. Je trouve que le mélange pluriethnique et culturel est une réussite. On fête Noel au même titre que le nouvel an chinois, c’est vraiment exceptionnel. On ne retrouve pas en Nouvelle-Calédonie ce brassage pluriethnique. Nous avons de la chance d’être tous métis.

 

Le point faible, à mon avis, c’est qu’on a mal utilisé les transferts de l’Etat. Les dij, les cij, je n’appelle pas ça des emplois. Je me souviens qu’à l’époque où Boris était parmi nous, il avait prévenu Gaston Flosse de ces gaspillages : aujourd’hui ATN a un déficit de 3 milliards, et l’hôpital… nous devons repenser notre politique du logement : les « cages à poules » ce n’est pas pour le Tahitien. Le Tahitien a besoin de sa maison, de son coin de terre. La ghettoïsation touche toutes les communes de Tahiti. Le logement est un véritable problème. Il faut véritablement décentraliser vers les Archipels.

 

  1. Quelle mesure du programme To Tatou Ai’a vous tient le plus à cœur ?

 

Bien sûr, tout ce qui vise l’éducation.

 

  1. Si demain, To Tatou Ai’a parvient à dégager une majorité forte, sur quel dossier plancherez vous en premier ?

 

Je travaillerai sur la décentralisation. Il est important de donner aux gens le désir, la possibilité et la raison de retrouver leur île. C’est bien d’avoir les compétences, il faut leur en donner les moyens. Boris en parlait déjà à l’époque. Antonio (Pérez) parle ‘d’archipélisation’…

Il faut absolument arrêter le clientélisme et le fait qu’on ne donne qu’à ceux qui ont la bonne couleur. Cette période là doit se terminer une bonne foi pour toute.

 

Regardez ce que les maires peuvent faire : Bora Bora par exemple ! Gaston Tong Sang a su développer son île…

 

  1. Si demain, les scrutins dévoilent une majorité relative, pensez vous que les Autonomistes trouveront un terrain d’entente ?

 

Ne nous voilons pas la face, j’ai bien peur que Gaston Flosse ne fasse d’alliance (implicite) avec Oscar Temaru, même s’il clame qu’il est autonomiste.

Sincèrement, j’espère vraiment que nous trouverons un terrain d’entente. Il faut qu’on travaille ensemble, dans l’intérêt de notre pays.

 

  1. Oscar Temaru affirme dans l’interview aux Nouvelles, que Gaston Flosse et lui-même ont des contacts réguliers en cette période électorale et qu’ils parlent de « beaucoup de choses » (dixit), par ailleurs, le Tavini occulte dans ces tracts sur l’atoll Anuanuraro, les noms de Gaston Flosse et Edouard Fritch soigneusement remplacés par des « X ». Comment interprétez-vous cette stratégie politique ? Le Tavini, par ses manœuvres médiatiques, peut-il incarner la moralité politique ?

 

A la première question, je trouve ça inadmissible. Ils occultent les noms d’Edouard Fritch et de Gaston Flosse, c’est donc de l’intox. Ils feraient mieux de parler de leur programme au lieu de passer leur temps à nous critiquer, parce que des moutons noirs, il y en a partout ! Dans les 3 camps ! Il faut absolument se tourner vers l’avenir, et de quel droit se placent-ils en juges ?

Soyons positifs, concrets, laissons la justice faire son travail.

 

A la deuxième question, non, pas du tout : le Tavini n’incarne pas la moralité politique ! La marche de samedi, soi-disant apolitique, ne dupe personne.

 

  1. Dans un accord médiatisé de dernière minute, Gaston Flosse demande à ce que No oe e te Nuna’a ait sa place au gouvernement s’il y a alliance autonomiste. Analyse?

 

Gaston Flosse souhaite récupérer les voix de No Oe E te Nuna’a dimanche 10 février.

 

  1. Qu’est-ce qui vous fait avancer, Thilda Fuller ?

 

Parfois, j’ai envie de baisser les bras. Mais quand je suis sur le terrain, je me dis que je n’ai pas le droit. Je veux me battre pour notre jeunesse, pour que l’harmonie soit de mise dans notre beau pays. Chacun d’entre nous peut apporter sa pierre, même si elle est petite ! Nous voulons y croire.

 

  1. En quelques mots, pourquoi doit-on voter To Tatou Ai’a ?

Face à toute cette campagne de dénigrement (tracts en tout genre), le Polynésien n’est pas dupe. Au débat télévisé, c’était très clair, ce manège entre le Tavini et le Tahoera’a : ils évitaient de se regarder et ils ont passé leur temps à cibler Gaston Tong Sang.

Il y a un proverbe tahitien qui dit : « il n’y a que sur les bonnes mangues que l’on jette les cailloux »

je dirais qu’il faut voter To Tatou Ai’a parce qu’après 20 ans de gouvernance Tahoera’a et la chance et l’espoir qu’on a donné au Taui, aujourd’hui le seul choix qui s’impose, c’est Gaston Tong Sang. Et je suis sûre que demain, il réussira à réunir tous les Polynésiens.

DSC00205.JPGArrière petite fille d’Esther Bambridge et arrière petite fille de Gaspard Coppenrath qui achètera une parcelle de terre à Pirae au 19ème siècle, son enfance sera baignée dans la politique, l’engagement, et la recherche de plus de justice sociale. Elle est troisième d’une fratrie de 8 enfants, son père est avocat et sa mère se consacre entièrement à l’éducation de ses enfants. La foi chrétienne dont elle est emprunte encore aujourd’hui, donne un sens à son parcours. Ce qui ne l’empêchera pas de défendre en 2001, à l’Assemblée de la Polynésie française, un dossier sur la contraception et l’interruption volontaire de Grossesse.

Lorsque je l’ai rencontrée au Fare Tiatau, Béatrice Vernaudon tenait son rôle de mère face à un jeune homme de 18 ans qui s’est rallié à sa cause dans To Tatou Ai’a. Une fois dans son bureau, j’ai retrouvé la femme politique, celle qui a traversé la révolution culturelle de l’émancipation des Femmes dans les années 70, une Polynésienne dont le parcours politique s’inscrit dans notre paysage polynésien ; l’assistante sociale qu’elle était, reste aujourd’hui à proximité de la population, dans ses déplacements quotidiens, on l’aborde au marché ou dans la rue, comme si on la connaissait personnellement.

Elle a su rester « accessible », malgré toutes les fonctions de responsabilité qu’elle a tenues jusqu’à présent. Le portrait qui s’est dessiné lors de cet entretien est celui d’une femme déterminée, au regard fixe et attentif, mais toujours souriante, aussi. La perte de son mandat de députée l’a affectée, non pas pour le mandat en lui-même, mais parce qu’elle s’était créé tout un réseau de contacts qui aurait pu bénéficier à la valorisation de dossiers touchant à son Pays. Elle ne regrette rien, puisque si elle avait été élue députée, elle n’aurait pas connu et vécu l’expérience actuelle de To Tatou Ai’a.


DSC00204.JPGA quel moment de votre vie avez-vous décidé d’entrer en politique et pouvez-vous nous relater ce que vous considérez être votre plus grand accomplissement ?

L’évènement qui a révélé en moi une conscience politique fut en 1976 ; alors que je n’étais qu’une jeune assistante sociale, le gouvernement m’a sollicitée pour représenter la Polynésie française à une conférence sur le thème du développement communautaire, conférence de la Commission du Pacifique Sud, qui se tenait à Fidji. Le thème de cette conférence, c’était « Comment mieux vivre en communauté, en comptant sur soi-même »

J’ai découvert la dimension océanienne avec beaucoup de similitudes et de contrastes par rapport à mon pays. Cette expérience a été à la fois douloureuse et enrichissante.

Douloureuse, parce que j’ai été la cible des membres de l’association : j’étais typée popa’a et je venais d’un pays où l’on pratiquait des essais nucléaires. Ces femmes du Pacifique m’ont marquée par leur militantisme et la haute confiance qu’elles avaient en leur peuple. J’ai essayé de me défendre en leur expliquant que je n’étais pas dans la peau d’une colonisatrice… le vécu des Pays anglo-saxons est tellement différent du nôtre : les Britanniques voulaient accorder l’indépendance à ces pays, il n’y a jamais vraiment eu de melting-pot comme ici, où les métissages sont à la racine de notre histoire. Leur situation était différente de la mienne : le mélange ethnique modifie les cartes du jeu.

Cette expérience a été enrichissante parce que je suis restée admirative de leur conscience politique. Et puis, à mon retour de Fidji, j’ai porté un autre regard sur notre société.

En tant qu’assistante sociale, j’avais été formée à étudier les dossiers au « cas par cas ». A mon retour de Fidji, j’ai pris l’initiative de mettre en place de nouvelles approches : soit, le travail de groupe ; j’ai réuni des mamans, nous avons travaillé ensemble sur des thèmes bien précis, nous avons abordé les problèmes « en groupe ».

Cette audace du changement m’a valu d’être remarquée au sein de mon travail. En 1981, s’est tenue la 1ère conférence des Femmes du Pacifique en Polynésie française, et là, on m’a désignée présidente de cette conférence à l’APF.

Suite à ça, nous avons créé le Conseil des Femmes de Polynésie française, avec, entre autres, Flora Devatine, Bella Perez… nous avons mis en place un bureau pour aider et inciter tous les Pays du Pacifique Sud à promouvoir la place des Femmes dans le développement social et économique.

C’est à ce moment là que j’ai décidé de m’investir véritablement en politique, pour pouvoir concrétiser nos actions. J’avais été sollicitée par Boris Léontieff mais j’avais finalement refusé ; je pensais alors que le social ne devait pas s’imbiber de politique.

En 1996, soit bien longtemps après, Gaston Flosse me propose de rejoindre le gouvernement. Et j’ai dit « oui », parce que c’était pour moi, l’occasion extraordinaire de révolutionner l’action sociale. Et en effet, grâce, par exemple à l’IRFE (Institut Régional de Formation des Educateurs), nous avons formé 400 personnes. La politique et l’action gouvernementale a été une possibilité de pouvoir agir concrètement : ça a été 5 années d’accomplissements, Gaston Flosse était très exigent et je ne regrette absolument rien de cette expérience. Je ne renie rien du tout : cette période a été prolifique d’accomplissements pour mon pays. C’est à ce moment précis que j’ai travaillé avec Georges Puchon, Jean-Christophe Bouissou, Gaston Tong-Sang.

Nous avons un passé commun, nous nous connaissons bien et nous avons déjà travaillé ensemble autrefois. C’est une des raisons pour laquelle nous nous entendons bien aujourd’hui.

Votre vie de mère a-t-elle été perturbée par la médiatisation et vos choix politiques ?

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« Perturbée »… non, ce n’est pas le terme. Le plus difficile, c’est pour les enfants, surtout le plus jeune d’entre eux, qui supporte mal les regards qu’on porte parfois sur sa mère.

Je dois dire qu’il faut une bonne santé physique et psychique pour gérer certaines situations et aussi une bonne organisation. J’ai toujours été épaulée par mon mari car il connaît et partage la cause de mes engagements. C’est vrai, ça n’a pas toujours été facile. Le fait que je sois absente (lors de mon mandat de députée par exemple) a enrichi son rôle de père, ce qu’il a beaucoup apprécié.





Vous aviez entendu le message du « TAUI » et aujourd’hui, ceux-là mêmes qui vous le reprochaient, sont en osmose avec l’UPLD-Tavini, quelles conclusions en tirez-vous personnellement ?

Là où ça me fait mal, c’est qu’ils ont précisément utilisé cet argument dans la campagne législative. Oui, j’étais très attachée à mon mandat parce que j’avais bâti tout un réseau de contacts, de connaissances, qui aurait pu me servir à accomplir encore plus pour mon pays.

Le Tahoera’a m’avait accusée de traîtrise et aujourd’hui, ils tiennent le même discours de respect du choix démocratique de la population et ils s’insurgent contre la « diabolisation » du Tavini.


Vous êtes aujourd’hui en deuxième position sur la liste de To Tatou Ai’a, que retenez-vous de ces 3 derniers mois d’agitation politique en Polynésie française et quel regard portez-vous sur l’avenir de votre pays ?


  1. Je retiens l’élaboration du programme, une vraie expérience de groupe, pendant 15 jours, tous les jours. Je ressens un véritable enthousiasme à ce sujet car on a pu faire passer l’essentiel des idées pour promouvoir l’insertion sociale, l’éducation, la famille et la jeunesse, au centre du programme ;

  2. Je retiens les résultats du 1er tour qui m’a beaucoup émue, une majorité silencieuse a parlé dans les urnes, qui a exprimé une voix du bon sens.


Selon vous, qu’est-ce qu’une Polynésienne, aujourd’hui ?

Il y a des situations bien différentes, entre la Polynésienne qui a accès au travail et à la culture, et celle qui n’a pas d’emploi et qui vit dans une situation précaire.

Elles peuvent se rejoindre, oui, même dans la plus grande pauvreté, elles ressentent leur identité de femme. Elles sont attachées à la vie communautaire.

Je pense que la Polynésienne est attachée à son Pays et à son identité.


Quelle est la plus importante richesse de la Polynésie française, quel est son point faible ?

Bien sûr notre richesse, c’est notre diversité ethnique, culturelle et cette harmonie particulière entre la population et l’environnement naturel, qui donne à la Polynésie française son âme.

Notre point faible, c’est la société de consommation. Il est clair que les transferts de l’Etat auraient pu être répartis autrement, il y a, de ce côté une nécessité de correction que les politiques ont évité d’aborder. Notre société est devenue très matérialiste, et ceci est essentiellement dû à des transferts mal dirigés.


Quelle mesure du programme To Tatou Ai’a vous tient le plus à cœur, pour quelle raison ?

Ce qui me tient le plus à cœur, c’est que la Famille et la Jeunesse soient au centre de notre programme. Trente pour cent d’enfants qui quittent le système scolaire… le plan Marshall pour la Jeunesse est excellent.


Nicole Bouteau a mis en porte à faux le ministre de l’Outre-mer, Christian Estrosi. C’est une femme politique que vous respectez et pour laquelle vous avez de l’admiration. Etes-vous déçue de son choix ? Pensez-vous, par ailleurs, que l’UMP a fait preuve de plus d’interventionnisme que le parti socialiste à cet égard ?

Oui, j’ai du respect et de l’admiration pour Nicole, et j’ai été extrêmement déçue qu’elle ne nous rejoigne pas. L’idéal aurait été qu’elle soit avec nous dès le premier tour, mais ça ne s’est pas fait, c’est dommage. Nous avions construit une cohérence de groupe ces 3 derniers mois et à cause du délai assez court pour la fusion des listes, il aurait été très difficile d’intégrer No Oe e te Nuna’a.

En ce qui concerne l’appel du ministre, je reste persuadée que son intention n’était pas l’ingérence. Christian Estrosi, de toute évidence, apprécie beaucoup notre pays et il souhaite que les Autonomistes soient tous unis pour qu’il y ait enfin une stabilité. Je considère qu’il y a eu maladresse des deux parties, car cet évènement a été exploité politiquement.


Vous vous êtes exprimée mardi soir sur le plateau du Journal Télévisé, sur les indemnités des ministres. Grâce à l’intervention de représentants de l’Assemblée (notamment le groupe Polynésiens Ensemble à l’époque) ces indemnités ont été réduites de 6 à 3 mois, mais sont encore mal perçues par l’ensemble des Polynésiens qui ne bénéficient pas de tels avantages. Vous avez expliqué clairement que l’emploi de Ministre était du « 365 jours/ an », sans horaires fixes. Pourtant de nombreux Polynésiens travaillent eux-mêmes dans des conditions difficiles, n’ont pas tout le temps leurs congés et sont destinés à toucher des retraites mensuelles avoisinant parfois les 70 000 par mois… difficile, donc, pour eux de comprendre ces indemnités. Que pensez-vous de la mise en place d’une allocation chômage dégressive : Ne serait-ce pas là une mesure égalitaire vis-à-vis des gens de la population qui ne sont ni fonctionnaires, ni politiques ?

Oui, en fait, ce que j’ai dit lors du journal télévisé, c’est qu’il n’était pas normal de toucher 3 mois d’indemnité pour 3 mois de travail, nous sommes dans le cas du gouvernement présent, dans une situation bien particulière et ces indemnités sont injustifiables vu la courte mandature des ministres. Mais lorsqu’on travaille tous les jours de l’année, sans compter les heures, pendant 5 ans, trois mois d’indemnités ne sont pas justifiables ?

En effet, il faudrait faire une analyse globale des dispositifs de soutien à l’emploi. Gaston Flosse était contre l’allocation chômage parce qu’il craignait un engrenage et il a toujours préféré une politique d’aide à l’insertion. A mon avis, une caisse chômage (avec perception dégressive de l’allocation) en cas de Licenciement Economique, comme l’élément d’un ensemble où l’activité ou l’insertion doivent être prioritaires, c’est possible, pourquoi pas. Mais nous devons toujours donner la priorité à la valeur du travail, à l’insertion. C’est une philosophie essentielle.


La stratégie politique du Tahoera’a est de se centrer sur l’inconstance des parcours politiques de certains colistiers de To Tatou Ai’a. La stratégie politique du Tavini est de décentrer le débat sur l’Indépendance par un détournement linguistique du mot (en « Souveraineté »), et de se revendiquer une moralité politique. Premièrement, pensez-vous que si instabilité il y a, elle serait à craindre de vos colistiers, ou serait-elle la conséquence d’une majorité relative ? Deuxièmement, comment analysez-vous la stratégie médiatique du Tavini Huiraatira ?

On a une obligation de permettre la stabilité.

Au sujet de ces stratégies politiques, et bien, c’est difficile pour eux d’accepter que la population ne leur fasse plus confiance, dans sa majorité. Ils font feu de tout bois pour convaincre l’électorat (BV regarde brièvement le prospectus anonyme et bourré de fautes distribué dans les rues hier, accusant Gaston Tong Sang de corruption)

Je pense sincèrement qu’il y a eu une telle déception de la population vis-à-vis de la classe politique que la classe politique est obligée de changer ses méthodes.

Les axes du programme To Tatou Ai’a sont clairs et précis à ce sujet : bonne gouvernance, démocratie locale, et surtout développement durable, soit une croissance au service de l’être humain…


Si vous pouviez changer, par un coup de baguette magique, quelque chose dans votre pays, que changeriez-vous ?

La justice sociale. Je souhaite que tous les Polynésiens soient d’avantage acteurs de leur pays.


Beatrice Vernaudon, l’hydrogène est-il l’avenir de notre pays ?

Je n’ai pas de jugement particulier à ces propos d’Oscar Temaru : il n’est pas dans la réalité d’aujourd’hui, mais cependant, aucune niche n’est à négliger.


Si demain les scrutins sont en faveur de To Tatou Ai’a, sur quel dossier plancherez-vous en premier ?

Je travaillerai sur la réforme de la PSG car il faut placer la branche famille au centre du développement (et non pas la maladie et le curatif). Je travaillerai également sur la décentralisation et le développement social en partenariat avec les communes.

Je veillerai à maintenir cette culture du dialogue, de la concertation et du résultat, dans l’intérêt de notre Pays.


Si demain, aucune majorité forte ne ressort de ces élections, pensez-vous que les autonomistes trouveront un terrain d’entente ?

On est obligé, on n’a pas le choix. Il faut des concessions de part et d’autres. Nous devons respecter l’opposition, nous devons tenir compte des autres, même de l’UPLD.

Le peuple est souverain dans les suffrages : On doit appliquer ses choix et construire ensemble.


Question de Société : Comment lutter contre l’alcoolisme et la Toxicomanie ?

  1. Par la répression : Nous devons proscrire ces comportements qui mettent en danger les personnes. L’alcool et la drogue ne sont pas dans la norme.

  2. Par le soutien aux familles : les enfants n’ont pas besoin de paka lorsqu’ils sont épanouis. Les drogues sont là pour signifier « j’existe », un mal-être, alors les familles ont leur rôle à jouer. Pour cela il faut faire un travail de proximité, il faut renforcer le tissu social afin que les familles assument pleinement leurs rôles dans une notion de bonheur familial.


En quelques mots, pourquoi doit-on voter pour To Tatou Ai’a, dimanche 10 février ?

Pour ouvrir une nouvelle ère de développement de la Polynésie française. Une ère de rassemblement, de dialogue, de partenariat, de concertation et de plus grande justice sociale. Une ère de meilleure expression culturelle, qu’on puisse construire l’harmonie entre tradition et modernité.

L’équité, l’égalité des chances sont des prérogatives à la paix dans notre Pays.

Après avoir proféré des insultes et de fausses informations à l'égard de Jean-Christophe Bouissou et de Gaston Tong Sang, dans ses communiqués la semaine dernière, L'UPLD s'en prend aujourd'hui à la famille de Jean-Christophe Bouissou, plus précisemment à ses parents. Peut-on descendre encore plus bas dans le débat? Non seulement la plainte est injustifiée, mais en plus sa médiatisation porte à croire que la communication de l'UPLD, destructive plus que constructive, est incapable de mettre en valeur son propre programme, et s'en prend d'une façon très amorale, à des personnes qui n'ont pas à être exposées dans les médias. Nous joignons, ci-dessous, la réponse de Jean-Christophe Bouissou adressée aux Nouvelles de Tahiti, au sujet de la plainte déposée par Oscar Temaru.

réponse de Jean-Christophe Bouissou à la plainte d'Oscar Temaru, plainte dont il a pris connaissance dans un article des Nouvelles de Tahiti.
  • OSCAR TEMARU, le TARTUFFE POLYNESIEN!
Décidément, Oscar Temaru et son avocat préféré ne savent plus quoi servir à la population pour vendre leur indépendance à 5 jours du 2ème tour des élections territoriales.

Diffamer leurs adversaires, les salir, jeter l'opprobre, semer le doute dans les esprits pour tenter de persuader l'opinion publique que l'UPLD est la liste la plus "propre", la plus honnête, la plus vertueuse. Bref, la plus respectueuse sur le plan de la morale. C'est du grand Tartuffe!

Oscar Temaru après s'être attaqué à mon épouse qu'il accusait d'occuper un emploi fictif à mon ministère (affaire qui lui a valu une condamnation en Correctionnel), après avoir sollicité la sentence du tribunal pour l'octroi d'un logement à la concubine de mon demi-frère, s'attaque aujourd'hui à mes parents... il ne manque plus que mes enfants, le chien, le chat, le poisson dans le bocal et le tour sera complet.

Pour une bonne information de sieur Oscar, je voudrais signaler que les membres de ma famille sont des gens comme tout le monde. Ils possèdent les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout le monde.

L'acquisition par ma mère d'un remblai attenant sa propriété et réalisé il y a plusieurs décennies, n'est pas une opération illégale. Le gouvernement a depuis plusieurs années déjà, permis le déclassement de remblais réalisés par des particuliers pour leur permettre d'accéder à la pleine propriété. Cela a été fait dans les îles ainsi que sur Tahiti. Les archives de la DAF peuvent en témoigner.

Le seul fait que je sois ministre du gouvernement n'enlève en rien les Droits que peut exercer, comme tout citoyen, un membre de ma famille.

Pour clore sur cette attaque bassement politique du leader indépendantiste qui ne suscite en moi qu'écoeurement car il s'en prend à des êtres qui me sont chers, je porte à la connaissance de vos lecteurs que je n'occupais pas les fonctions de Ministre du Domaine et que je n'étais pas présent au conseil lors de la présentation de l'arrêté ministériel.

Cette affaire n'est qu'une vulgaire opération médiatique qui se retournera à terme contre ses auteurs.

Jean-Christophe Bouissou.






Elle a du sang portugais, paumutu, britannique dans les veines. Le visage toujours souriant encadré d'une chevelure abondante, elle s'exprime toujours à coeur ouvert; la fille de madame Jones, et arrière petite fille de monsieur Parker, se décrit ainsi: "Je suis un mélange, donc je suis Polynésienne". Elle s'appelle Eléanor Parker, elle était représentante des TUAMOTU OUEST et aujourd'hui, Eléanor Parker est colistière de To tatou ai'a pour les Iles du Vent.
 
Parlez-nous de votre parcours.

J
e suis une enfant de Takaroa et je suis venue à Tahiti pour poursuivre mes études, d'abord à l'école primaire de l'église Mormone , puis à Gauguin et j'ai terminé mes études au lycée technique Taaone. J'ai reçu une éducation très religieuse et jusqu'à présent, la foi que j'ai en Dieu m'accompagne dans toutes mes actions.

J'ai beaucoup voyagé, je peignais des tableaux avec Louis Juventin, et la vente de ces tableaux qui ont été exposés à la mairie de Papeete à l'époque, m'a permis d'aller en Nouvelle Calédonie où je suis restée un an. Pendant les vacances, j'allais aussi à RAROTOA... je peignais un peu de tout, du naîf, des portraits.

Puis j'ai commencé à travailler à la Socredo; par la suite j'ai rencontré mon mari qui est Antillais. Je l'ai suivi à la Martinique où j'ai vécu 10 ans.

Tous ces voyages m'ont apporté une ouverture sur le monde, m'ont inculqué la valeur essentielle de la tolérance, et aussi, j'ai pu apprécier d'autant plus mon pays. Les cultures, les mentalités, sont bien différentes d'une île à l'autre. Je me suis rapidement intégré aux Antilles, la recette est simple: je respectais les gens, leurs cultures.

Qu'est-ce qui a motivé votre ralliement à To Tatou Ai'a?

C'
est simple: l'homme, Gaston Tong Sang.
Je ne le connaissais pas, avant. Je l'ai connu pendant mon mandat. Le fait qu'il m'ait adopté dans le club Raromatai... ça veut dire beaucoup pour moi. Sa façon de travailler est sérieuse, respectueuse: toutes les fois où il y avait une séance, Gaston Tong Sang organisait une rencontre pour discuter des problèmes de Raromatai. Cet homme m'a apporté des repaires, un apprentissage politique, mais surtout, ce que j'apprécie chez lui, c'est son esprit de famille.

Tu sais, beaucoup de personnes ont enrichi mon expérience politique et de représentante à l'assemblée. Armelle Merceron, par exemple, m'a beaucoup appris en méthodologie, elle a de grandes qualités au niveau technique dans l'étude des dossiers. Je ne nierai jamais, non  plus, ce que j'ai appris auprès de Gaston Flosse. Ce n'est pas parce que nous ne sommes plus dans le même parti, que je ne dois pas reconnaître leurs qualités humaines ou techniques.

Tout cela fait partie de mon expérience de femme politique. J'ai mes mentors, ces personnes qui m'apportent beaucoup: Jean-Christophe Bouissou, par exemple, m'a aussi beaucoup aidée, pour l'expression en langue tahitienne, il m'a dit "tu te perfectionneras dans les tournées" et il avait raison; aujourd'hui je suis plus à l'aise...

Vous êtes une vraie "businesswoman", vous dirigez votre propre ferme perlière, aussi une pension de famille: quelles sont les épreuves à surmonter quand on est femme et qu'on veut monter sa propre entreprise?

A
ux Antilles, j'avais un restaurant... le Moana Nui à Trinité, oui, c'était un restaurant où je faisais "ma" cuisine, aux parfums d'ici. Je peux dire que j'ai fait connaître le ma'a tahiti à la Martinique.

A mon retour, la perliculture était en "vogue". Je me suis lancée, comme ça, sans  connaître quoi que ce soit et j'ai d'abord appris à greffer avec Fernand et Potii Faura. Ensuite, j'ai mis en place ma structure, seule et sans subventions ou aides. C'est la volonté, le courage, et l'ambition qui rendent tout possible, autant pour les femmes que pour les hommes.

Lorsqu'on est mère, on voit le monde autrement: je voulais m'assurer que mes enfants ne manqueraient jamais de rien dans la vie. Je leur faisais aussi l'école comme nous vivions dans les îles, ce n'est pas toujours évident.

J'ai aussi monté une pension de famille à Takaroa: ça s'est fait tout naturellement, nous avions beaucoup d'amis qui nous rendaient visite... alors je me suis dit "pourquoi pas".

J'ai presque touché à tout: le coprah, la plongée, la greffe, j'aime m'imprégner de ce qui touche à mon pays, la culture sociale, les matières premières. Je n'ai toujours compté que sur moi et sur personne d'autre, je suis très exigente avec moi-même.

Aussi, je dois dire que je suis très croyante, ma foi en Dieu m'accompagne dans tous mes faits et gestes. Ce respect que j'ai pour les autres êtres humains m'a beaucoup aidé, il faut rester centrée sur les objectifs.

Je me suis toujours demandé, pourquoi je ne m'étais pas contentée d'un poste à la Socredo, pourquoi retourner à Takaroa? j'aime les défits...

En quoi votre vie de femme a-t-elle changé depuis que vous vous investissez en politique?

C'
est un changement radical. Au départ je me suis remise en question, et puis mes enfants me voyaient moins, c'était difficile pour eux. Ils souhaitaient même que j'abandonne, à cause de l'instabilité, oui, je pense que ma vie de mère a beaucoup changé. Il faut être sur le terrain, il y a les tournées. On apprend beaucoup sur le tas, il faut toujours accepter la différence, les opinions des autres même si ce ne sont pas les tiennes. Mes enfants se sont adaptés, et moi aussi. C'est une question d'organisation.

Selon vous, qu'est-ce qu'une Polynésienne aujourd'hui?

U
ne Polynésienne, c'est un être mélangé de cultures et d'ethnies, c'est une femme forte, qui décide; elle est ouverte sur le monde.
Elle agit toujours par rapport à ses enfants, à sa tribu.

Quelle est la plus importante richesse de la Polynésie française, quel est son point faible?

L
a jeunesse & la jeunesse.

Nos jeunes ont un fort potentiel en eux, c'est indéniable. Ils sont cependant très maléables à la société de consommation... ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a vraiment une différence entre nos générations. Lorsque j'étais "plus jeune", il y avait des valeurs très fortes, comme celle du travail, la société de consommation n'était pas autant envahissante. Je me souviens de l'éducation civique qui transmettait le respect des autres, le respect de soi. On devait être vêtu impeccablement pour aller en classe... on constate aujourd'hui, une sorte de démission de certains parents qui relèguent tout à l'éducation nationale. Bien sûr, il ne faut pas généraliser.

Mais pour que le potentiel de nos Jeunes ne soient pas gaspillé, nous devons leur transmettre la responsabilisation, l'émancipation sociale.

Quelle est la mesure du programme de To Tatou Ai'a qui vous tient le plus à coeur, pourquoi?

L
e contrat de projet est le socle de notre programme. Les communes, et l'assainissement des Eaux, c'est aussi un volet très important du programme.

Notre programme vu dans son ensemble est un puzzle où il ne manque aucune pièce: chaque mesure est importante et a une répercussion dans le circuit social et économique. Le noyau central du programme de To Tatou ai'a, c'est véritablement le foyer familial, qui à plus grand échelon, incarne la société.

Vous représentiez les TUAMOTU OUEST, vous êtes originaire de TAKAROA. D'après vous comment peut-on améliorer les conditions de vie des femmes des archipels éloignés?

J
e constate qu'il y a eu une détérioration du traitement de l'Hygiène et de la Santé dans les îles, du moins dans les Tuamotu Ouest. Parfois, la simple mise en place d'une petite infirmerie devient toute une histoire et ne peut se faire.

De ce côté là, des formations en Santé et Hygiènes sur place seraient les bienvenues, ainsi que de motiver les jeunes femmes des îles dans le lancement d'entreprises, la prise d'initiatives. Elles ont tellement de force et de potentiel en elles, elles sont généralement mère très jeunes...

Votre coeur balance entre Tahiti et les iles? Que pensez-vous de la décentralisation et que propose le programme de To Tatou Ai'a qui serait en faveur des archipels?

O
ui, (sans hésitation) mon coeur balance entre Takaroa et Tahiti.
Je suis pour la décentralisation, uniquement si elle est bien accompagnée.

En ce qui concerne les mesures en faveur des archipels: l'allègement du coût du frêt pour les matériaux de construction à destination des îles, c'est une excellente mesure!

Aussi je pense à l'aménagement de villages touristiques de détente et loisirs: ça permettra d'étendre les activités des îles éloignées, ça créera de l'emploi et puis,  ça donne l'esprit d'initiative...

Le programme est bien pensé: des contrats de développements spécifiques à chaque archipel, en partenariat avec les Maires, le Pays et l'Etat, la création de zones franches fiscales pour motiver l'installation des entreprises...

Lorsque Gaston Flosse affirme qu'il ne peut y avoir de stabilité avec Gaston Tong Sang, que répondez-vous?

F
aux, complètement faux. On l'a vu pendant 8 mois: Même avec des personnes qu'on traitait de "girouettes", le pays a connu la stabilité.

Si demain, les élections sont largement en faveur de To Tatou Ai'a, sur quel dossier plancherez-vous en premier?

L
a condition de la Jeunesse: le développement des structures sportives et de loisirs et la prévention des drogues, le traitement de la toxicomanie.

Le logement: le fare représente la sécurité, la dignité de la famille. Il est essentiel d'oeuvrer dans l'amélioration de ce domaine.

Si demain, aucune majorité forte ne ressort de ces élections, pensez-vous que les autonomistes trouveront un terrain d'entente? Ou qu'un retour à la situation actuelle est prévisible?

J
e pense que certaines personnes du Tahoera'a sont assez censées et aiment leur pays. Je pense qu'elles ou ils feront la part des choses. Lors de la dernière motion de censure, on pourra dire tout ce qu'on voudra, mais certains d'entre eux étaient mal à l'aise. Je garde à l'esprit que le militantisme est de suivre les consignes, c'est vrai. Mais nous devons tous nous soucier de l'avenir de notre pays: n'est-ce pas là primordial?

Question de Société: Comment favoriser l'intégration sociale des jeunes des archipels qui viennent à Tahiti pour le cursus scolaire?

1-
Mettre en place une structure d'accueil, un centre d'accueil, et de bons logements. Dans les foyers, il n'y a pas tout le temps de suivi.

2- Faciliter leur retour;

3- Si leur scolarité est un échec, les orienter dans des domaines où ils pourront être utiles à leurs îles, les motiver dans la création d'entreprise, qu'ils aient l'audace et l'envie de réussir.

En quelques mots, pourquoi doit-on voter To tatou ai'a dimanche 10 février?

C'
est tout simple: il faut voter To Tatou Ai'a, parce que c'est le CAP (confiance, avenir et paix!) vers la stabilité...

RAUTAHI

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