Jean-Christophe Bouissou, hier à l'Assemblée de la Polynésie française
Jean-Christophe BOUISSOU, dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui?
Je suis dans un état d'esprit de motivation et de confiance en l'avenir après l'élection de Gaston TONG SANG à l'assemblée hier; ça n'a pas été quelque chose de facile parce qu'en politique, on doit s'attendre à des bouleversement. Là, connaissant bien les représentants de To Tatou Ai'a et de Te Mana O te Mau Motu, je savais que cette motion de défiance allait passer.
C'est un peu comme si on avait remis les choses à leurs justes places et je suis vraiment heureux que la prochaine concrétisation de notre programme.
A ce sujet pensez vous que Michel Yip soit une valeur sûre de la nouvelle majorité?
C'est moins une question d'homme qu'une question d'etat d'esprit des leaders; Gaston Tong Sang saura jouer la complémentarité des uns et des autres. Nous avons tous besoin des uns et des autres; la stabilité ne pourra venir que de la prise de conscience de nos propres responsabilités individuelles.
Pensez-vous que Gaston Flosse va rester inactif suite à ce changement de gouvernement?
Non, Gaston Flosse sera toujours actif, je ne sais pas ce qu'il fera; mais une chose est sûre, je fais partie de ceux là qui pensent que Gaston Flosse est un élément perturbateur des majorités; tant qu'il avait une majorité avec son propre parti politique, ça ne posait pas de problèmes, mais il ne sait pas travailler avec les autres. Il se sent toujours obligé de "marcher sur les autres" pour exister. C'est ce qui s'est passé avec notre plateforme autonomiste mise en place avec Gaston Tong Sang, en décembre 2006, lorsqu'il a fait voter la motion de censure, et c'est ce qui s'est passé avec l'UDSP lorsqu'il a cassé cette majorité par son attitude, au regard des élections municipales.
Si Oscar Temaru conserve son mandat de Président de l'assemblée, la cohabitation avec le gouvernement sera-t-elle facile?
Je pense qu'Oscar Temaru a évolué positivement, il était présent hier lors de l'ouverture de la séance, il a donc bien conscience de la légalité des actes, des institutions et moi je suis favorable à ce qu'Oscar Temaru demeure à son siège de Président de l'assemblée.
S'il souhaitait participer au gouvernement, je le soutiendrais, ça répondrait à la proposition d'ouverture de Gaston Tong Sang à l'opposition.
Une dernière question, des bruits courent qu'il y aurait eu des marchandages?
Absolument pas. Je suis très proche de Gaston Tong Sang et je peux témoigner de sa manière d'être. Ce n'est pas quelqu'un qui va passer son temps " à marchander", c'est ça, sa grande force.
En fait, s'il est arrivé aujourd'hui, c'est parce qu'il n'a rien marchandé du tout.
Dès l'instant où l'on marchande, on prend le risque de se trouver censuré par la suite.
A cette heure où je vous parle, la composition du gouvernement est-elle faite?
Je ne sais pas, Gaston Tong Sang est celui qui va mettre en place ce gouvernement. C'est lui qui choisit ses ministres, notre statut indique que la première institution est la Fonction Présidentielle, Je crois qu'il faut lui laisser les 5 jours prévus par la Loi pour cela.
Commentaires
Je peux comprendre votre joie et soulagement de voir le Président que vous avez soutenu aux dernières élections reprendre les manettes du pouvoir. C'est de bonne guerre. Mais de grâce arrêter de parler de "non respect de la voix du peuple". A vous lire on croirait que le peuple, où devrais-je préciser le "bon peuple" est celui qui a voté TTA. Que faites vous du reste de la popularion ? Vous les ignorez royalement ? Vous les pensez incapables, handicapés, retardés ? De grâce, un peu de respect et de la reconnaissance pour les habitants de ce pays dans lequel vous avez choisi de vivre. C'est ce que nous demandons. Lorsque vous écrivez " mon pays d'adoption... a recouvré sa pleine et entière place au sein du groupe des démocraties" vous dénigrez par la même la loi statutaire voté par l'Etat "Sarkoziste" français pour mettre un terme à une l'instabilité et ce, malgré l'opposition de la majorité des élus de l'assemblée de polynésie française (44 élus de l'assemblée ayant voté contre ce texte). Comment cela s'apelle t'il dans vos "modèles de démocraties" ? Chez nous on appelle cela du "néo colonialisme". Qui sont les véritables responsables de l'instabilité que nous vivons aujourd'hui ? Justine Teura et Michel Yip ou Estrosi et Sarkozy ? Soyez logique avec vous même.
Vous parlez d'adoption, comme s'il vous appartenez de décider qu'il en soit ainsi. A vous lire, nous n'aurions rien à dire, car nous appartenons à la France. Mais madame, regardez la carte du monde et vous comprendrez que la présence Française dans le pacifique est un défi à la géographie et à l'histoire. Comme le disait un de nos illustres poètes : "Si tu étais venu ici chez moi, je t'aurai accueilli les bras ouverts, mais tu es venu ici chez toi et je ne sais pas comment t'accueillir chez toi".
Opahi BUILLARD
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QUEL BIENFAISANT SOULAGEMENT
Soulagée de ne plus avoir à expliquer comment et pourquoi la démocratie a été si vénalement bafouée il y a peu. Soulagée de ne plus avoir à répondre à la question de savoir comment « nous » avons pu laisser faire une telle chose. Soulagée de ne plus avoir à démontrer la légalité du procédé et, qu’au-delà du total non respect du choix du peuple, c’est bien d’un total manque de moralité et de probité dont ont fait montre Monsieur Flosse et, de bon gré ou de mauvais gré, ses petits camarades. Deux notions, deux principes moraux si importants en Polynésie.
Hier, en métropole depuis presque 6 semaines, j’étais sur le point d’écrire un petit mot disant qu’ici de nous on rigole, et qu’à cause de Flosse de nous on se gausse. J’y aurais ajouté que – au bout d’un certain temps – c’est fiu d’entendre des plaisanteries et autres boutades délirantes du style « vous l’avez viré par la porte, le voilà revenu par la fenêtre », ou « c’est comme l’ancien volcan de Brel, à part que là c’est le Vésuve et Pompéi sous les cendres ». J’ai aussi eu droit à un brillantissime « vous auriez dû le faire mettre sous tutelle » suivi d’un joli « la Polynésie c’est comme Capri et la chiraquie, c’est fini ». J’aime bien ce qui suit aussi : « vous avez coupé les griffes du vieux lion, il s’est offert de faux ongles».
Bien évidement, certaines sont de moi et furent reprises avec beaucoup d’humour par mes proches que tout cela a beaucoup amusé. Forcément ! Il faut dire que c’était plutôt risible comme situation ! Surtout vue de l’extérieur ! Alors ils s’en sont donnés à cœur joie et j’en rigole encore…
Bref, pas la peine d’épiloguer, mais cela donne une bonne idée de ce que les gens pensent du Fenua. Et je ne vous parle même pas – c’est préférable ! - des questions que m’ont posées certains de mes amis English speaking, potentiels futurs touristes et visiteurs étrangers.
Aujourd’hui, et ceci sans aucun triomphalisme, je suis heureuse et satisfaite de pouvoir dire que mon pays d’adoption – mon pays adoptif, également – a recouvré sa pleine et entière place au sein du groupe des démocraties (et de notre République, faut être clair !) et que c’en est terminé de cette oligarchie aux relents de paternalisme et de patriarcalisme qui sonnent tellement faux aux oreilles du peuple, et cela depuis un moment déjà. Le résultat des dernières élections parlait de lui-même et Monsieur Flosse aurait dû gentiment s’incliner. CQFD.
Demain, il suffira que le pays retrouve une réelle stabilité parlementaire et que cesse le jeu des chaises musicales pour que l’avenir puisse être envisagé avec sérénité. Oui, oui, je suis d’accord, c’est pas gagné ! Pour être honnête, j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien du nombre de changements de gouvernement que nous avons dû subir ces dernières années…Acte manqué ou oubli volontaire passager ? A chacun ses secrets.
Quoi qu’il en soit, nous avons l’opportunité de reprendre confiance, d’avoir confiance en l’avenir, et je ne peux m’empêcher de sourire à la pensée qu’un Président et un gouvernement autonomistes – et donc représentatifs du choix du peuple de Polynésie tel qu’exprimait par les urnes – seront en place à mon retour dans quelques jours.
Quel soulagement. Quel bienfaisant soulagement.
H. LECLERC (Haapiti).