Collectif 2                    Session extraordinaire, 29 juillet 2008

      Projet de délibération portant modification n°2 de la délibération n°2008-1 APF

      du 19 mars 2008 approuvant le budget général de la PF pour l’exercice 2008.  

                                                  __________ 

Salutations. 
 

Si l’on peut féliciter les rapporteurs, pour la clarté de l’exposé des motifs, le projet de collectif budgétaire présenté par le GVT appelle, néanmoins, quelques observations. 

On l’aura, en effet, compris, plus tôt que de saisir cette opportunité pour enfin lancer une nouvelle vision du développement de la PF, en fait, les modifications proposées au budget général de la PF s’attachent principalement : 

  • A mobiliser le pays, donc les contribuables, dans un rôle de caution bancaire de premier plan, au profit des SEM pour éviter la cessation de paiements ;
  • à corriger les négligences des GVT successifs, faute d’accords écrits sur la participation financière de l’ETAT au RSPF ;
  • à poursuivre une politique d’investissements, qui ne semble pas encore annoncer un vrai changement.
  • Ainsi, + de 5 Mds des 15 Mds du collectif sont destinés, non pas à couvrir complètement la situation financière désastreuse de nos SEM mais, à l’atténuer et, à garantir, pour les 4 derniers mois de l’année, le paiement des allocations familiales et autres prestations pour les plus démunis de notre population, cad, les 48 000 ressortissants du RSPF. 

    C’est autant de fonds publics qui aurait pu servir à augmenter ou du moins, à maintenir le pouvoir d’achat de nos concitoyens, les plus démunis surtout d’entre eux, face aux conséquences de la hausse des prix du pétrole. La baisse d’un point du taux réduit de la TVA est très loin de compenser l’inflation déjà ressentie et, probablement de nouvelles hausses dans un futur proche seront à craindre. 

    Ce constat malheureux, préjudiciable au développement économique « endogène » de la PF (pour paraphraser Messieurs SARKOZY et JEGO), ne peut que nous interpeller, toute représentation politique au sein de notre assemblée et, de tous les gouvernements successifs. Nous avons tous, une responsabilité dans cette ruine sérieusement entamée de notre système économique et social. Outre les erreurs stratégiques dans le domaine du transport, de la pêche…l’instabilité politique a fait le reste. 

    Lorsque le rapport de présentation souligne que « la gestion des SEM souvent discutable, sans contrôle ni supervision, a débouché sur des déficits d’exploitation toujours en augmentation » Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette analyse. Car, le fond du problème, c’est de s’interroger pourquoi et comment, ces sociétés sont-elles arrivées à cette situation catastrophique ? Les SEM comme d’autres organismes périphériques du pays sont toutes victimes des alternances politiques depuis 2004. Ils constituent ce qui est communément appelés, aujourd’hui, « des sucettes dorées » Et, c’est de notoriété publique, à chaque changement de majorité, « On licencie et on en nomme d’autres » « on retire des compétences pour les remplacer par moins de compétences » Nous avons encore la preuve aujourd’hui des gaspillages des deniers publics, l’envolée des prix du pétrole n’est pas la seule explication. La gestion des deniers publics est banalisée, de par notre comportement inadmissible de responsables politiques. Malheureusement, cette banalisation a un coût de plusieurs milliards à faire supporter à chaque contribuable, au nom de l’intérêt supérieur du pays, nous dit-on !

    Nous devons avoir l’humilité de parler d’erreurs stratégiques et d’échec polynésien.

    Car, c’est clairement le fait de tous les gouvernements successifs toute tendance et alliance confondue. 

    Monsieur le ministre, pouvez-vous nous dire le montant total des indemnités de licenciement ou de fin de fonction de tous les changements opérés à la tête de ces sociétés depuis 2004 ? 

    Monsieur le PR de la PF, je souhaite que les engagements de bonne gouvernance déclarés pendant les campagnes électorales de TTA et la dépolitisation des services, des SEM… deviennent réalités. 

    Comment faire ? 

    -     Garantir la stabilité politique, institutionnelle dans notre pays en donnant un sens       franc, sans ambiguïté, à la notion d’intérêt général. Je m’adresse plus particulièrement à la majorité actuelle, et lui demander de cesser de surenchérir sur des postes politiques. C’est la clé essentielle du retour de la confiance dans notre pays et de la relance économique souhaitée par tous. 

  • Pour les SEM : Examiner les problèmes structurels des différents domaines concernés. Et s’interroger, Pourquoi n’y a-t-il pas d’industrie de la pêche en PF ? Car, il ne suffit pas d’acheter des thoniers et/ou les donner gratuitement pour que le secteur de la pêche s’inscrive véritablement dans une dimension industrielle. Pourquoi n’y a-t-il pas de service public de transport en commun régulier dans l’agglomération alors qu’il fonctionne correctement ailleurs ? Pourquoi nous n’atteignons pas la barre des 300 000 touristes/an ? Alors que la promotion touristique nous coûte près de 2 Mds/an !
  •       De plus, il est urgent d’encadrer les nominations des dirigeants dans tous les organismes périphériques du pays, par des critères objectifs de compétences et de diplôme. Une feuille de route claire doit être remise aux dirigeants avec obligation de résultats.  

  • Donner plus de moyens au service des affaires économiques pour assurer efficacement leur mission de contrôle des prix. Il n’est pas normal qu’un même produit dans une même zone géographique ait des coûts différents.
  • Pour ce qui concerne le volet investissements de ce collectif, je serai brève, car nous aurons l’occasion de l’étudier dans les détails.

     
     Excepté, la trentaine d’actions prévues dans le contrat de projet, le volet « Investissements », je dois l’avouer, m’a un peu déçue. Car, nous y trouvons la poursuite de ce qui se fait déjà : une certaine vision de développement sans direction nouvelle, à l’heure où des défis majeurs se présentent à nous ! Certes, il est nécessaire de poursuivre l’aménagement des quais, l’aménagement des aéroports existants, de pouvoir circuler sur des routes et servitudes bien bétonnées, malgré la hausse des prix du carburant et sa rareté annoncée. Mais, au travers d’un collectif de 15 Mds, je pensai que nous allions enfin, démarrer « le grand virage » du développement de la PF.
     

    Nous n’avons aucune indication de schéma ou de programme ambitieux pour préparer notre autonomie économique et relever un certain nombre de défis majeurs : Aucun programme de substitution des énergies fossiles ; pas plus dans le domaine de la valorisation des spécialités de chaque archipel. Par ex : l’archipel des Australes, considéré comme le grenier de la PF, devrait être soutenu sur le plan agricole, par la création d’une agropole (mesure n°35 du programme TTA) 

    Vous allez sans doute me répondre que cette nouvelle direction du développement de notre pays sera prévue dans le budget 2009. Je l’appelle de tous mes vœux ! 

    J’ai souhaité, enfin, saisir mon temps de parole, pour dire à toute la représentation de notre honorable assemblée que les temps des calculs politiques et des intérêts particuliers sont révolus ! 

    Notre pays a besoin de schémas de développement ambitieux, volontaires qui garantiraient notre autonomie financière, puisque l’ETAT a décidé de ne plus nous accompagner dans le financement du RSPF, ni dans le fonctionnement du nouvel hôpital. La population et tous les secteurs socio-économiques aspirent à plus de sérénité pour participer activement à ce grand virage de développement économique tant attendu. 

    Parce que la situation financière de nos outils économiques est grave (les SEM) et, parce que les plus démunis de notre population ne doivent pas être privés de leur minimum vital, je prendrai ma responsabilité, en votant, malgré tout, favorablement le projet présenté. 

                                                                                      E.ALGAN 
     
     
     

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