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Notre Pays vient de connaître l’HORREUR au cours du week-end du 6 mai 2006.

Une jeune fille de FAA’A, dans la fleur de l’âge, 18 ans à peine, a été violée dans des conditions sordides par une dizaine d’individus, pour certains des mineurs, pour d’autres des adultes, pères de famille.

Elle est morte de cette violence immonde.

Et elle a été abandonnée dans un caniveau de Pamatai.

Elle aurait pu être ma fille. Elle aurait pu être votre fille.

En tant que mère, en tant que femme, en tant que Polynésienne, en tant qu’être humain tout simplement, ce sont des sentiments de révulsion, de dégoût, de colère, d’indignation mais aussi de compassion à l’égard d’une famille endeuillée qui m’ont saisie. Tout comme vous, je le sais.

La police a agi rapidement ; certaines personnes ont été appréhendées et la justice suivra son cours.

Cet événement monstrueux doit cependant nous interpeller, nous, en tant qu’élus, au-delà de l’émotion immédiate.

Il exige de nous une attention particulière car il témoigne de la misère intellectuelle, sociale, affective dans laquelle évoluent certains de nos concitoyens.

Il rend compte également d’une manière inquiétante que, dans certains quartiers de l’agglomération, passée une certaine heure, la voie publique est une zone de non-droit où l’on boit, où l’on deale et, nous pouvons ajouter avec douleur, où l’on viole, où l’on tue.

Une partie de notre jeunesse ne trouve ni dans sa propre famille, ni dans le système éducatif, ni dans le tissu associatif, les éléments indispensables à sa construction personnelle pour devenir un adulte et un citoyen responsable.

Le phénomène de « bande », qui intervient en substitution aux systèmes d’encadrement « traditionnels » des jeunes, doit être mieux appréhendé.

Outre les politiques de longue haleine, notamment dans le domaine éducatif, le Pays a la lourde charge d’assurer, au quotidien, la cohésion sociale.

Pour ce faire, le Pays doit mener une politique d’action sociale forte, basée sur la détection des problèmes grâce, principalement, aux travailleurs sociaux et aux bénévoles associatifs, sur l’aide aux familles en situation de précarité matérielles ou morales, sur la prévention des crises intra et inter familiales et sur le suivi des individus et des familles qui le nécessitent.

Depuis deux ans, le gouvernement a organisé de nombreux séminaires, colloques, états généraux, sous l’égide, alternativement, du Ministère de la solidarité, du Ministère de la Femme et du Ministère de la Santé ayant comme thème central : la Famille.

Pouvez-vous aujourd’hui nous indiquer vos orientations en matière de Politique de la Famille, à l’issue de ces nombreux séminaires ?

Quelles sont les actions nouvelles et concrètes que vous avez mises en œuvre ou que vous allez mettre en œuvre dans les semaines qui viennent ?

Quel type d’intervention ou d’assistance proposez-vous concrètement aux familles en difficulté avec leurs enfants ?

Enfin, quelles réponses immédiates avez-vous apportées à la famille d’Akirina TIORI et aux familles des agresseurs ?

Emma ALGAN

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