Le transport est une véritable préoccupation, quotidienne, des habitants de Tahiti.
Tous les jours, ceux qui sont en voiture, se retrouvent dans de sempiternels embouteillages.
Tous les jours, ceux qui sont à pied, courent ne pas rater le truck parce qu’ils ne sont jamais très sûrs de son heure de passage, l’attendent sous la pluie, quand il pleut, sous le soleil quand il fait beau parce qu’il n’y pas d’abri-bus, puis patientent dans les mêmes embouteillages.
Et tout le monde se retrouvera en fin de journée, dans l’autre sens.
Au cours de la dernière décennie de très nombreux travaux routiers ont été effectués et une véritable réforme du transport public a été entamée.
Ces actions ont permis d’accompagner, un temps, la progression de l’automobile sur Tahiti et d’amorcer la structuration et la professionnalisation du transport en commun.
Le transport est un domaine dans lequel les pouvoirs publics ne peuvent pas diminuer leurs efforts sans que, rapidement, la situation sur la route se dégrade.
Dans ce domaine, arrêter de progresser, c’est régresser.
Depuis votre arrivée au pouvoir, c’est le premier texte concernant le transport qui est présenté à notre Assemblée et, je dois avouer, que vu les enjeux et les attentes de la population, nous avons été très déçus par ce qui nous est proposé.
Au lieu d’une réforme d’envergure, au lieu de l’annonce, par exemple, de la création d’une grande régie de transport public avec des bus « api », avec des horaires fixes, connus et respectés, avec de nouvelles lignes dans les hauteurs, avec des bus de nuit et le week-end, vous nous proposez la création d’une SEM ayant pour objet premier, selon les propos tenus devant notre commission par le représentant du ministère en charge des transports, « de régler les dissensions au sein de
Le rapport de présentation confirme qu’il s’agit de faire gérer par
Cette gestion serait confiée à
En clair, pour la première fois à notre connaissance, le Pays récupère indirectement via une SEM la gestion d’un service public qu’il avait concédé à une société privée…
Cette récupération est en soi « extraordinaire », tant au plan juridique que pratique et ne constitue pas un mode de gestion normal et sain de nos services publics.
Il sera, à cet égard, souligné que cette récupération dictée par des dissensions au sein du concessionnaire est coûteuse en deniers publics.
En l’occurrence, l’argent public vient régler des conflits d’intérêt au sein d’une société privé !
Cette démarche ne nous semble vraiment pas très claire ni saine.
En outre, rien ne nous permet d’assurer que cette subdélégation est légale dans le mesure où elle ne serait pas prévue au contrat de concession et qu’elle vient, en cours de contrat modifier, après coup et substantiellement, les conditions dans lesquelles s’est déroulé l’appel d’offres qu’avait remporté
Cette SEM nous est, par ailleurs, présentée comme un simple « outil de gestion ».
C’est ce qu’indique l’exposé des motifs du gouvernement et c’est ce que nous a exposé le représentant du ministère des transports en commission.
Le rapport de présentation confirme que
Sur ce point nous nous devons de relever l’incohérence entre l’affichage de présentation et la réalité du texte.
En effet, le seul et unique article du projet de délibération contredit totalement la présentation.
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