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Intervention relative un projet de délibération portant
modification de la délibération n°97-33 APF du 20/02/1997 instituant un dispositif de soutien territorial à l’exportation
Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,
Monsieur le sénateur de la Polynésie française,
Monsieur le président de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants,
Mesdames, Messieurs,
Ia ora na,
La récession dans laquelle se situe l’économie mondiale rejaillit sur l’activité économique locale, en particulier sur nos activités d'exportation. Pour preuve, les indicateurs de suivi de l’économie au quatrième trimestre 2008 laissent pressentir une année 2009 morose.
Le dispositif de soutien à l’exportation mis en place depuis 1997 a pour but de favoriser la croissance économique de la Polynésie française et soutenir les initiatives des entreprises dans le but de développer les exportations de produits et services de la Polynésie française et tenter ainsi de remédier à ces difficultés.
En effet, les obstacles que rencontrent nos produits d’exportation sont palpables en raison notamment de problèmes structurels locaux. Pour faire un peu le tour des différents secteurs en question :
En 2008, les principales ressources agricoles ont eu du mal à s’exporter, le noni fait moins de recettes (-26%) depuis qu’il est concurrencé par d’autres pays producteurs tels que le Mexique et les îles du Pacifique. De même, les ventes de monoï diminuent de 24% sur un an, et celles de la vanille de 16% avec un prix au kilo stable à 20 800 FCFP. Seules les recettes du coprah sont en hausse (+30%), du fait de la remontée des cours notamment.
Aussi, les recettes de perle de culture brute diminuent de 21% (8,5 milliards de FCFP) sur un an. Paradoxalement, le volume exporté augmente de 19,5% mais au détriment du prix moyen au gramme qui chute à 590 FCFP, problème en partie dû à la surproduction, le manque de maîtrise de la commercialisation et par le net ralentissement de la demande mondiale où les acheteurs asiatiques désertent ce marché.
Le secteur de la pêche chute notamment de 43% en 2008, régression ressentie aujourd’hui dans le monde entier du fait de phénomènes naturels néfastes. Au niveau local, le manque de thonier (11 actuellement) mais aussi le défaut de main d’œuvre locale exige de former des équipages. De plus, l’absence du statut des pêcheurs polynésiens explique en partie ce déficit. En 2008, les exportations de poissons ont diminué de 43% en valeur et de 49% en volume. Les pêcheurs ont préféré vendre sur le marché local plus rémunérateur.
Résultat, l’augmentation du coût des importations liée à l’accroissement du prix des produits se combinant à la baisse incessante de recettes des principaux produits locaux exportés (perle, poisson, noni) fait chuter la balance commerciale. Le déficit atteint 163 milliards de FCFP en 2008 soit une aggravation de 12% par rapport à 2007.
Cependant, malgré des résultats négatifs dans les secteurs vus précédemment, une lueur d’espoir concerne une certaine forme de diversification des exportations polynésiennes auxquelles il faut apporter notre soutien (bijouterie fantaisie, bijouterie classique à base de perles, le cosmétique, l’agro-alimentaire).
Mais au-delà de ces chiffres se pose la question de notre politique d'exportation. Dans ce contexte de récession économique locale et mondiale, la Polynésie française possède des atouts dont le fort potentiel d'activité économique à l'export. Encore faut-il savoir l'organiser.
A l’instar des efforts et du travail réalisés par le service du commerce extérieur pour développer les exportations de produits et de services locaux, je souhaite attirer votre attention sur la politique d’exportation de la Nouvelle-Zélande dont le chiffre d'affaires à l'export représente 60% de son PIB.
Depuis 1984, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a accompli une restructuration économique majeure, faisant passer une économie agraire dépendante de l’accès au marché britannique, à une économie de libre échange, compétitive au niveau mondiale au moyen d’accords régionaux et bilatéraux avec notamment l’Australie.
Mais surtout, la politique d’exportation de la Nouvelle-Zélande doit son succès à ses instruments de commercialisation. En effet, la quasi-totalité du commerce extérieur est coordonnée par les « Boards » qui sont des organismes spécialisés dans la promotion et la commercialisation de l'offre. Selon les cas, leur rôle peut concerner la vente, la promotion et le marketing, la recherche, le contrôle de la qualité, l’analyse des marchés d’exportation, le conseil et l’assistance, et la représentation de la Nouvelle-Zélande au sein d’organismes internationaux.
Consciente que nous sommes bien loin de la réalité polynésienne, c’est néanmoins ce type de démarche que nous devrions mettre en place à notre échelle pour favoriser nos exportations de produits et de services. C’est tout un travail de prospection des marchés porteurs, de dispositifs encourageant les exportations et notamment de promotion et de commercialisation par des organismes spécifiques.
Soutenir nos entreprises à l’exportation apparait aujourd’hui primordiale tant pour les retombées économiques que culturelles et promotionnelles au profit de notre fenua. En ces temps de crise et après avoir soutenu les exportations des produits de nos îles vers Tahiti précédemment, nous ne pouvons qu’adopter cette délibération favorable à nos entreprises polynésiennes.
Je vous remercie de votre attention.
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