Mme Emma ALGAN

Représentante IA ORA TE FENUA

3ème Vice présidente

Séance du jeudi 25 juin 2009

Rapport n°52-2009 relatif à un projet de délibération

approuvant le Compte administratif de la Polynésie française

et constatant la concordance des résultats

avec le compte de gestion pour l’année 2008 (budget général)

 

Monsieur le Président de l’Assemblée de Polynésie Française

Monsieur le Sénateur de la Polynésie Française,

Monsieur le Président de la Polynésie Française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs, chers internautes,

 

 Nous devons, avant tout, considérer les conjonctures économiques et politiques, locales & internationales, qui ont marqué 2008. Au moment où la Polynésie française avait besoin d’être véritablement accompagnée face à cette crise, il y a eu une participation moindre de l’Etat[1],  même si par ailleurs il y a eu une compensation par le Contrat de Projet[2] en termes d’investissement.

Un bref rappel qui a toutefois son importance : ce budget 2008 est arrivé tardivement parce qu’il a été voté en mars 2008 ; il correspond donc à une exécution d’à peine 9 mois. Il a surtout été bâti pour répondre aux urgences budgétaires, telles que venir au secours des différents établissements, notamment des SEM[3]. Enfin il s’agissait aussi de répondre autant que faire se peut aux situations de précarités et aux situations relevant du régime RSPF. Non seulement il a fallu construire ce budget 2008 pour répondre aux urgences budgétaires mais aussi affronter la crise mondiale pour préserver la santé des entreprises locales et donc de l’emploi.

Le constat est désarmant, en ce qui concerne les chiffres de pertes emplois évalués par CPS pour l’année 2008. Le mois de décembre est généralement un « bon mois » pour les créations d’emplois. Cependant, on observe une régression qui se poursuit actuellement en 2009. Plus précisément, en juin 2008, la CPS comptabilise 90 créations d’emplois, mais à partir de juillet de la même année, c’est la chute libre. Entre décembre 2007 & décembre 2008 il y a eu une perte de 2736 emplois tout secteur confondu. Le dernier comparatif mensuel de la CPS, nous indique que sur les trois premiers mois de 2009,  il y a moins 2700 emplois. Les secteurs les plus touchés étant la Construction, l’hôtellerie et la perliculture- ce secteur en particulier a perdu 1000 emplois entre 2008 et 2009.

Ce sont des chiffres importants car lorsqu’on lit un budget, il faut raisonner en fonction de l’intérêt de la population, qui est la première touchée par la crise, mais aussi la première à subir les conséquences d’une gestion budgétaire qui peut s’avérer, sur certains points, inadaptée.

Cette nouvelle présentation comptable du compte administratif de la Polynésie française, nous permet de comparer les exécutions par missions, dont certaines peuvent concerner plusieurs ministères à la fois : cette vision des choses oblige, en quelque sorte, à prioriser certains secteurs. Nous ne cessions d’entendre que le Tourisme est le principal moteur économique de la Polynésie française, hors la « mission Tourisme » ne représente, par exemple, que 1,89% des dépenses totales[4], comparé à « la mission Partenariat avec les Collectivités » qui représente 14,6 % des dépenses totales[5]. La « gestion financière » représente 6,88% des dépenses totales, elle est donc supérieure à la mission « Environnement » (1,15%)! Quant au porte-drapeau de tous les programmes politiques confondus : la mission « Culture », elle, ne représente que 1% des dépenses totales. Nous constatons, par ces chiffres, un ralentissement de certains secteurs, que l’on considère pourtant essentiels et qui reviennent souvent dans les débats.

Les interventions de mes collègues et du Ministre de l’Economie & des Finances, lors de la commission des Finances la semaine dernière, [6] nous ont éclairé sur comment nous devons véritablement agir pour éviter un scenario dramatique, ce scenario dont nous lisons le script, c’est : L’écrasement des recettes, la baisse de l’autofinancement, les créations de dépenses supplémentaires, … Nous ne pouvons pas exiger de la population de se « serrer la ceinture » si nous-mêmes, classe politique, ne le faisons pas. Pour ma part, je ne pense pas que la suppression de postes dans l’administration soit la véritable solution au renflouement des crédits. Pour la simple raison, que tout d’abord, les personnes qui travaillent dans l’administration sont généralement des personnes compétentes, diplômées, qui ont passé des concours. Non, le véritable problème, il est ailleurs.

Il est, par exemple, à la page 2 du compte administratif 2008, dans le tableau des participations de la Polynésie française dans des sociétés d’Economie Mixtes qui ne transmettent plus aucun document : Je cite, les SEM TE MAU ITO API, Port de Pêche de Papeete, SDAP, ce sont trois SEM qui n’ont transmis aucun document sur leurs états financiers & leurs actions au pays, et auxquelles le pays a versé 20 millions de Fcfp, 3 millions et 47 millions. Soit 70 millions de francs cfp versés, disons-le clairement, « à l’aveuglette ».

Le problème de transferts du pays à fonds perdus on le retrouve également dans ces Sociétés d’Economie Mixte qui ne semblent pas avoir de raison d’exister. Je cite : le Centre PAOFAI auquel le pays a versé en 2008, 51 millions de Fcfp, et pourquoi exactement ?

L’addition s’allonge et notre pays aura versé un total de 121 millions de francs, sans objectifs précis. Que ce soit ce gouvernement ou un autre, l’addition aurait été la même, il est donc grand temps de faire les comptes.

Les fonds perdus sont aussi des fonds énigmatiques, et pardonnez-moi si je ne suis pas « politiquement correcte », mais peut-on justifier aujourd’hui, alors que les Polynésiens perdent leurs emplois vitesse crescendo depuis juillet 2008. Peut-être pourrait-on (je n’engage que moi-même et non pas mon groupe) réviser le niveau de participation du Pays dans certaines sociétés d’Economie Mixte, la Socredo par exemple. D’un point de vue éthique et pour le droit à la concurrence dans le secteur bancaire, notre pays n’a pas vocation à être propriétaire d’une banque.

Je crois qu’il nous faut parfois prendre certaines décisions courageuses, qu’elles soient populaires ou non, nous devons repenser notre politique d’investissements. Nous ne pouvons pas continuellement créer des dépenses. De même nous ne pouvons pas continuer à financer des sociétés qui se complaisent dans une dépendance malsaine au budget du pays.

Il faut investir en attente d’un véritable retour des choses qui se fera ressentir dans la création d’emploi. Certaines subventions sont éminemment productives : les subventions à la SOFIDEP participent au dispositif d’aide aux entreprises. Elles ne représentent que 210 millions, comparées à d’autres SEM qui sont de véritables gouffres financiers, nous les connaissons tous.

Tous les investissements de chantiers, de constructions, de routes sont des investissements créateurs d’emplois. Après l’hôpital du Taaone, quels seront les grands aménagements véritables lanceurs & créateurs d’emplois ?

Mettons l’être humain au centre de notre philosophie économique, que les investissements soient véritablement fertiles et qu’ils bénéficient à celles et ceux qui sont la véritable richesse de notre pays, je pense, bien sûr, à notre population.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

 



[1] L’Etat n’a pas versé les 1,9 milliard comme les années précédentes pour le RSPF, par exemple, faute de reconduction dans les temps d’une convention.

[2] 25 milliards sur 5 ans : part de l’Etat & autant pour la Polynésie française.

[3] ATN, TNTV, Tahiti Nui Rava’ai, le FRPH …

[4] Page  17/41

[5] Page 16/ 41

[6] Vendredi 19 juin 2009

Retour à l'accueil

RAUTAHI

ADHESION - téléchargez en ligne ou contactez-nous.
 
NOTRE PERMANENCE : CENTRE VILLE DE PAPEETE 
IMMEUBLE DEXTER, Pont de l'Est, Place de l'Autonomie,
3ème Etage, ouvert de 8h à 17h
 
ADRESSE POSTALE :
RAUTAHI
BP 60 013, Faa'a Centre
TAHITI
POLYNESIE FRANCAISE

 

DOCUMENTATION EN LIGNE

Charte Rautahi 

Charte RAUTAHI en Tahitien

Statuts de Rautahi

Inscription au blog !

Pour être au courant des dernières infos, inscrivez-vous au blog ! 
C'est simple, rapide et gratuit !
Entrez votre email dans le bloc ci-dessous :

Radio TAUI FM


 

Culture, Politique, Société
TAHITI et MOOREA 107.3, 97.8
TAHITI-ITI
105.8
ISLV 98.4
   
tél. 85 47 47/ fax: 41 21 55
  visitez le site internet www.tauifm.net &
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés