Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le sénateur de la Polynésie française,

Monsieur le président de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les représentants,

Mesdames, Messieurs,

 

 

Il nous est demandé aujourd’hui d’approuver les comptes administratifs 2008 relatifs aux comptes spéciaux. Au premier regard, nous constatons que ces 5 comptes spéciaux ont un solde d’exécution positif. J’attire cependant l’attention de mes collèges sur la situation de ces fonds aujourd’hui, suite notamment à la ponction d’une part importante de leurs réserves résultant du premier collectif budgétaire de l’année 2009.

 

Concernant le fonds de régulation des prix des hydrocarbures, nous avons décidé le 27 mars dernier de rapatrier dans le budget général du Pays la quasi-totalité des réserves du FRPH pour un montant total de 740 millions de francs.

Ce choix c’est avéré nécessaire puisqu’il fallait trouver une solution afin de financer la mesure de prise en charge du fret dans les îles. Aujourd’hui, nous nous trouvons confrontés par conséquence à un autre problème : Celui de devoir augmenter les prix des hydrocarbures à la pompe à partir du 1er juillet, faute de réserves suffisantes pour compenser la nouvelle hausse des cours du baril !

En d’autres termes, soit nous augmentons les prix à la pompe, soit nous injectons dans le FRPH des subventions importantes à « aller chercher je ne sais où » dans le budget général du pays. C’est un peu comme le serpent qui se mort la queue.

 

Je pense que face à la crise économique que nous traversons et à la vue de nos réserves budgétaires qui fondent comme neige au soleil,  nous devons dorénavant élaborer dans les actions à mener un financement équilibré, où chaque dépense sera fonction d’une recette appropriée, déterminée et budgétée à l’avance.

 

Concernant le compte d’aide aux victimes des calamités (CAVC), les réserves sont encore relativement importantes, malgré là aussi la ponction de 567 millions de francs lors du premier collectif budgétaire 2009. Il faut espérer que la Polynésie soit épargnée le plus longtemps possible des sauts d’humeur de mère nature, car sinon nous allons encore nous retrouver sans financements affectés…..à force de venir piquer dans la caisse pour d’autres mesures.

 

S’agissant du fonds pour l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés (FIPTH), nous constatons avec soulagement que la destination première des liquidités a été respectée puisque 114 millions de francs ont été dépensés pour des mesures relatives à l’insertion des handicapés.

Je m’interroge cependant sur le financement des actions en 2009 lorsque l’on voit qu’en 2008 nous avions dépensé 114 millions et que nous n’avons dorénavant en caisse que 82 millions pour commencer l’année en cours. De plus, nous avons voté récemment une loi de pays diminuant la participation financière des employeurs qui n’atteindraient pas le quota de travailleurs handicapés, à hauteur de 1000 fois le SMIG au lieu des 2500 fois le SMIG comme précédemment. C’est autant d’argent en moins dans la caisse du FIPTH !

 

J’en arrive maintenant au fonds de stabilisation des PPN. J’aimerais attirer l’attention de mes collègues sur la pérennité de ce fonds qui est très important pour le pouvoir d’achat de certains  aliments de base de la consommation des polynésiens, notamment les plus démunis.

Durant de nombreuses années, le FSPPN s’autofinançait : la farine, le riz et le lait concentré non sucré étaient compensés en termes de dépenses par des recettes provenant de la vente du sucre.

Depuis février 2006, face aux problèmes de diabète et d’obésité, la décision louable de sortir le sucre du mécanisme subventionné du FSPPN a été prise. Donc depuis cette date, il n’y a plus de recettes affectées et le fonds fait face aux dépenses grâce à ses réserves.

Que constate t-on à fin 2008 ? il ne reste que 23 millions en solde disponible……. Soit largement insuffisant lorsque l’on sait que les dépenses annuelles estimées pour 2009 s’élèvent à 330 millions de francs.

 

Là aussi nous avons du apporter des subventions au budget primitif 2009, puis au premier collectif, afin de permettre le financement des missions du FSPPN. Je vous pose la question : faut-il continuer ainsi ? Ne peut-on pas trouver un moyen de trouver une recette affectée et pérenne pour équilibrer ce fonds, comme cela était le cas par le passé ?

 

Pour finir, chers collègues, je souhaiterais émettre le vœu qu’à l’occasion du prochain collectif budgétaire et de la préparation du budget 2010, nous rentrions dans une démarche d’équilibre des comptes spéciaux  par des financements affectés, déterminés et durables.

Face aux difficultés économiques et financières que nous traversons, notre pays ne pourra pas se payer le luxe pendant encore longtemps de venir subventionner à cout de centaines de millions  l’équilibre de leurs comptes.

 

Je vous remercie.

Maina Sage

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