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Lors de la Séance du mardi 7 juillet 2009, Maina Sage est intervenue sur
le rapport de la révision du procès de Pouvanaa a Oopa. L'assemblée, visiblement émue par les interventions des différents représentants dont celles d'Annick Oopa et de Tea
Hirshon, a été touchée par les propos de Maina, qui a également insisté sur l'importance du respect de la Mémoire de Pouvanaa a Oopa ainsi que sur la conservation de cette mémoire, dans la
transmission aux générations futures.
Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,
Monsieur le sénateur de la Polynésie française,
Monsieur le président de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants,
Mesdames, Messieurs,
Iaorana,
En préambule à mon intervention, je tiens à saluer le groupe de travail à l’initiative de cette résolution que nous avons à approuver car celle-ci représente une avancée symbolique pour l’histoire de notre pays sur les plans politique et culturel. Je remercie aussi ma collaboratrice, Vaianu Oopa, qui s’est beaucoup investie, et avec qui j’ai travaillé sur ce dossier qui demande la révision du procès de Pouvanaa a Oopa.
Aujourd’hui, divers travaux de recherches permettent d’établir le complot politique et le procès partial dont Pouvanaa a été victime notamment ceux de Jean-Marc Régnault (Pouvanaa a Oopa, victime de la raison d’état paru en 2003), mais bien avant ces travaux, nous devons mentionner la thèse d’Alfred René GRAND, qui avait côtoyé Pouvana’a à Pierrefonds, datant de 1981 (« Pouvanaa a OOPA et le nationalisme à Tahiti »).
Ainsi, les raisons qui ont poussé l’Etat à éloigner Pouvanaa a OOPA de son fenua ne nous sont pas étrangères : sa forte popularité (il a remporté par trois fois les élections législatives en 1949, 1951 et 1956), son opposition aux décisions appliquées par les gouverneurs en place qu’il jugeait injustes envers la population polynésienne et l’obstacle de taille qu’il allait représenter dans l'installation d'un centre d'expérimentations nucléaires.
Pouvanaa n’a eu de cesse de proclamer son innocence et sa volonté de réhabilitation ; ce qui n’est pas resté lettre morte. En effet, des actions ont été menées dans le passé en ce sens mais en vain. Rappelons, par ailleurs, la requête déposée en octobre 1988 au nom des descendants du « Metua » ou encore les courriers adressés individuellement par les représentants de l’assemblée de tous bords confondus mais à l’époque, ces actions ne bénéficiaient pas d’un contexte politique favorable ni d’un soutien unanime de la classe politique locale pour aboutir.
Aujourd’hui, en revanche, nous avons un contexte des plus opportuns : d’une part, nous disposons de l’appui de certains élus et j’en profite pour saluer au passage l’investissement du sénateur Richard TUHEIAVA dans ce dossier et notamment dans sa contribution au jumelage de la commune de Huahine avec celle de Pierrefonds. D’autre part, à l’heure où le gouvernement central décide d’indemniser les travailleurs victimes des essais nucléaires, l’occasion nous est donnée de revendiquer en lieu et place de ses partisans mais aussi et surtout de sa famille, la réhabilitation de Pouvanaa près de cinquante années après sa condamnation. Il va de soi d’ailleurs que les deux sujets sont indirectement liés.
Dans son allocution d’Alger en décembre 2007, le président de la République estimait que notre grande nation « devait assumer son histoire avec sa part de lumière et sa part d’ombre ». Un mois auparavant, Christian Estrosi s’était incliné sur la tombe de Pouvanaa.
Dès lors, il ne fait aucun doute que le moment est venu de faire reconnaître à l’Etat sa part de responsabilité dans la condamnation injuste de Pouvanaa a Oopa. Réhabiliter Pouvanaa, c’est respecter sa mémoire, c’est nous réapproprier notre histoire.
Nous avons besoin de nous réapproprier notre histoire. Je fais partie de cette génération qui connaît mieux l’Histoire de la Chine que sa propre Histoire. Il est essentiel que les générations futures connaissent l’Histoire de leur pays, la réalité des évènements, l’histoire du procès de Pouvanaa a Oopa. Nous devons transmettre sa mémoire, transmettre notre Histoire dans sa vérité, dans son intégralité, que ce soit aussi intégré dans les programmes scolaires...
Enfin je conclurai sur ceci : C’est aussi à la mémoire d’un père de famille et d’un grand chrétien que nous rendons hommage aujourd’hui. Ce « Père », qui s’est illustré tant dans la gestion des affaires locales que dans la représentation polynésienne au sein des institutions nationales, a été le précurseur de la Polynésie française autonome. Son charisme, sa détermination à conduire la Polynésie sur les voies de l’égalité et de la solidarité, son dévouement désintéressé pour son peuple doivent servir de modèle à la classe politique d’aujourd’hui et de demain.
Je vous remercie de votre attention.
Maina SAGE
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