Salutations,
Pour RAUTAHI, le projet de loi du Pays présenté est un aboutissement et une avancée certaine.
Il est, en effet, le fruit d’un long processus engagé en 2003 par le ministre de travail d’alors, Monsieur Jean-Christophe BOUISSOU.
Suivi par ses successeurs, ce projet appartient aujourd’hui à tous ceux qui y ont travaillé, partenaires sociaux, associations représentatives et politiques.
L’emploi est un facteur d’insertion primordial pour la personne handicapée.
Aussi, le respect des règles déjà existantes en matière d’embauche devait être complétée ; leur application devra ensuite être vérifiée aussi bien parmi les employeurs privés que publics grâce à une action ciblée de l’Inspection du travail.
Mais il faudra aller encore plus loin dans le domaine du travail des personnes handicapées et de nouvelles règles devront être élaborées afin de donner un véritable statut juridique aux centres d’aide au travail (CAT) et ateliers protégés (AP).
En matière d’orientation des personnes handicapées, une réflexion d’ensemble doit être menée avec les deux organismes qui se partagent cette tâche, à savoir,
Dans le domaine du handicap, RAUTAHI veut aller beaucoup plus loin et imposer une approche politique du handicap
Avoir une approche politique du handicap, c’est dépasser le concept selon lequel le handicapé est « naturellement » inadapté à la société, c’est affirmer au contraire qu’une personne n’est handicapée que parce que la société est inadaptée à son handicap.
Illustrons notre idée : une personne en fauteuil roulant ne peut pas accéder à un distributeur de billets car l’appareil est trop haut pour lui permettre de voir les chiffres du clavier.
L’approche traditionnelle tire de cette situation la conclusion que la personne en fauteuil étant handicapée ne peut accéder à un service bancaire classique ; notre approche politique constatera que c’est les conditions d’installation de l’appareil qui handicapent la personne en fauteuil roulant.
Nous proposons un renversement radical du point de vue politique sur le handicap.
Il s’agit finalement d’un changement « culturel » du rapport de la société à la personne porteuse d’un handicap qui doit reposer d’abord sur les principes républicains de liberté et d’égalité de chaque individu et non reposer principalement sur le principe de Fraternité !
En application de cette approche, les pouvoirs publics devront penser tant au niveau de la conception des actes réglementaires que de la réalisation d’infrastructures et de programmes, aux conditions d’utilisation des équipements et programmes par tous les usagers.
Un programme de mise aux normes des équipements publics aux réglementations en vigueur relatives à l’accessibilité des lieux publics y compris les établissements scolaires et les lieux de travail doit être inscrit.
Dans cette même optique, dans le domaine de l’éducation, une évaluation rapide des besoins en terme de capacité et conditions d’accueil, en fonction de la nature du handicap doit être entreprise et déterminer les investissements à entreprendre en milieu scolaire ordinaire ou pour adapter l’offre de structures spécialisées type IIME.
Il est important que chaque enfant ait accès à l’enseignement, le cas échéant à un enseignement adapté.
La détection du handicap doit être améliorée, particulièrement à destination des archipels éloignés où la détection est aujourd’hui insuffisante.
Vous l’aurez compris, RAUTAHI veut aborder le handicap dans toutes ses dimensions. Les chantiers à mettre en œuvre pour faire évoluer notre société et améliorer l’intégration des personnes handicapées sont nombreux.
Pour l’heure, le texte d’aujourd’hui est un pas, qui va dans le bon sens.
Aussi, nous le voterons.
Je vous remercie.
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