Décidément, notre vie publique est rythmée par les motions de censure.
Nous voilà réunis pour examiner la troisième motion de censure déposée par le groupe UPLD contre le gouvernement de Monsieur Gaston Tong Sang. Il s’agit de la cinquième motion de censure en moins de trois ans de mandature !
Le moins qu’on puisse faire est s’interroger sur les raisons d’une telle production de motions de censure !
Est-ce la crise économique qui conduit à cette contestation politique permanente ?
Est-ce la crise sociale qui conduit à cette contestation politique permanente ?
Non.
Grâce aux transferts financiers de l’Etat, grâce à
Grâce donc à ces transferts financiers, les difficultés économiques et sociales sont contenues malgré l’instabilité politique et l’incurie de la gestion Temaru.
Ainsi donc, cette contestation politique n’a d’autres sources que les politiques eux-mêmes. Ce sont les politiques eux-mêmes qui créent l’instabilité dont souffrent, par ricochet, la population et le monde économique.
Un comble pour ceux qui s’engagent à faire le bonheur de la population !
Mais, la motion que nous examinons aujourd’hui est véritablement particulière.
C’est la première fois qu’une motion est déposée par procuration par l’UPLD pour le compte du sénateur Flosse.
A cet égard, il convient de dédramatiser la situation, le sénateur Flosse ne devrait pas avoir honte d'aller au bout de son engagement et de ses déclarations et censurer avec le Tavini, le Gouvernement qu'il a élu et qu'il s'était engagé à soutenir.
Après avoir tellement travaillé à son dépôt, il serait injuste qu’il se prive de l’adopter !
Sur le fond, un Gouvernement qui n'a plus de majorité peut faire l’objet d’une motion de censure et être remplacé par un gouvernement qui a le soutien d’une nouvelle majorité à l'Assemblée.
A l’heure du dépouillement, on ne pourra pas faire l’économie d’un petit travail de mémoire, sans remonter très loin dans le temps et se remémorer les mots tenus par d’éminents représentants de notre Assemblée à propos de ceux qui s’étaient alliés au diable d’en face ou avaient rejoint le mis en examen d’à côté !!
Aujourd’hui, les représentants autonomistes qui s’étaient réunis pour mettre un terme aux propos xénophobes et racistes, à l’intolérance, à la répétition de gestes inamicaux et provocateurs envers l’Etat et ses représentants, à l’utilisation des fonctions institutionnelles et des deniers publics afin de colporter à l’étranger et dans l’hexagone des idées et valeurs que ne partage pas la majorité des polynésiens,
Ces représentants autonomistes, en votant la censure, prennent la responsabilité de rendre le fauteuil de Président de la Polynésie française à Oscar Temaru.
Car, en effet, comment ceux qui disent : « je censure le gouvernement Tong Sang parce que notre parti, le plus important de la majorité, n’est pas assez représenté » pourraient-ils justifier de réclamer la présidence à l’UPLD qui compte 10 élus de plus qu’eux ?
Contrairement à la censure du gouvernement Temaru que nous avions votée en décembre 2006, il y a 8 mois, celle-ci pourrait être votée par une majorité de représentants qui, soit n’ont aucun programme commun à proposer en remplacement de celui mis en oeuvre par le Président Tong Sang, soit ont un programme politique établi dans le dos des électeurs.
Il est temps de retourner vers les électeurs avec des programmes politiques, sociaux et économiques claires pour répondre aux vraies questions :
Pour toutes ces raisons, nous ne voterons pas la censure du gouvernement Tong Sang.
Et, nous appelons l’Etat et, tout particulièrement le ministre Estrosi actuellement présent en Polynésie française, à accélérer le processus qui doit conduire à l’abréviation de la mandature actuelle de notre Assemblée.
Je vous remercie,
Emma ALGAN
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