Monsieur le président de l’Assemblée de
Monsieur le président du pays,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les représentants,
Ce matin, réunis en séance plénière, nous sommes appelés à rendre un avis sur le projet du câble sous-marin, à la demande du gouvernement.
A l’écoute des interventions antérieures du ministre en charge de
Si je devais donner un titre à ce dossier, ce serait le suivant :
« Le tournant des infrastructures numériques de
Car, en effet, nous sommes face à un défi et à des enjeux.
Lorsque le programme Metua a été initié en 1998, le gouvernement a mis en place des mesures d’exonération fiscale et de contrôle des marges pour favoriser l’équipement des foyers en ordinateurs, proposé la mise en œuvre des Fare Metua dans les communes, sollicité le concours financier du Fonds de Reconversion Economique (le FREPF) pour permettre à l’OPT d’investir dans la mise en œuvre de la fibre optique autour de l’île de Tahiti, etc…
L’Internet faisait son apparition timidement.
Les entreprises étaient les premières à voir l’intérêt d’un tel outil et ont pris des abonnements pour correspondre avec l’extérieur de notre pays par l’Internet, à la place du télex ou du fax.
Les particuliers avaient accès à l’Internet par le RTC (Réseau Téléphonique Commuté) limité à une capacité de 64 k/s et ne permettait pas de télécharger des dossiers ou des images convenablement.
On recensait alors en 1998 quelques 2000 abonnés à Internet par le RTC pour progresser tout naturellement jusqu’à 11 000 abonnés en RTC.
C’est en 2003 que l’ADSL a été accessible pour l’internaute et à la fin de cette année là, il y avait 12 600 abonnés au RTC/RNIS et 900 abonnés seulement à l’ADSL. La bande passante satellitaire était de 48 Mb/s pour la liaison internationale regroupant l’entrant (download) et le sortant (upload).
Quatre ans plus tard, nous sommes en 2007, le nombre d’abonnés à Internet a atteint le niveau de 24 000, soit 10 500 de plus en quatre ans, c'est-à-dire une moyenne statistique de 2625 abonnés par an.
La bande passante satellitaire est de 336 Mb/s aujourd’hui et, malheureusement, j’entends souvent des internautes se plaindre de la lenteur d’accès dans les « download » de fichiers, de photos ou de clips video.
Nous comprenons ce fait comme un signe de l’évolution du comportement de l’internaute qui demande toujours plus, dans sa curiosité de naviguer sur les sites extérieurs. La société Mana a bien identifié ce comportement de consommation de l’Internet, ce qui l’a amené à allouer les deux tiers (2/3) des ressources de la bande passante satellitaire pour les flux entrants (download) et nous ne sommes sollicités par l’extérieur que d’un tiers des capacités.
Cet élément est révélateur de notre faiblesse d’offres de contenu de services, alors que nos internautes ont un gros besoin d’acquérir des informations ou des services à l’extérieur.
Le taux de pénétration du nombre d’abonnés par rapport à la taille de la population polynésienne est de 9 % en 2007.
Si on prend le parallélisme de croissance du nombre d’abonnés au Haut débit en France, tout en gardant bien sûr en mémoire la non homogénéité de la comparaison, ils étaient 2 millions d’abonnés à l’Internet en 2003 et au 2ème trimestre 2007, ils sont passés à 14,25 millions d’abonnés, soit multiplié par 7, 125 fois. En Polynésie, sur la même période de 2003 à 2007, la progression du nombre d’abonnés a été multipliée par 1,77 fois. C’est pratiquement un rapport de 1 à 7.
Ces chiffres nous donnent le chemin restant à parcourir et aussi l’ampleur de la tâche, et je comprends mieux lorsque le ministre Christian Estrosi a abordé le sujet de l’Internet et du câble sous-marin, lors de son discours le lundi soir 29 octobre, dans le jardin du Haut-commissaire, concernant les écarts de taux d’abonnés entre
A l’île de
C’est pourquoi nous disons que nous sommes face à un défi, car les jeunes générations sont dans cette expectative du développement des outils des Technologies de l’Information et de
La structure des téléchargements et de consommation de bande passante montre bien que nous avons un retard dans les développements de contenus et de services. Une démarche volontariste pour favoriser le décollage dans ce sens permettrait d’induire un développement économique et un développement des exportations.
En même temps, il faudra veiller à préserver la protection des enfants contre les risques de dérives ou de délinquance informatique.
Les couches sociales démunies ne devraient pas être laissées pour compte de la fracture numérique, car ce phénomène ne donnerait pas de chance égale à cette couche de la population dans l’accès à l’emploi.
La volonté du ministre de l’OPT de favoriser l’équipement des écoles en ordinateurs et la gratuité d’accès à Internet pour chaque établissement scolaire est en soi une bonne chose que nous devons féliciter. Mais, prenez garde de bien veiller à ce que les vrais bénéficiaires soient nos enfants.
Il faudra aussi penser la pédagogie différemment pour cet outil de ce siècle pour qu’il soit une vraie chance pour notre population.
L’assistance médicale a de plus en plus recours à la télé médecine qui apporte un soutien véritable au corps médical.
Notre administration devrait donner l’exemple de la simplification des démarches administratives par l’accès Internet et éviter ainsi des désagréments divers, et pourrait en même temps favoriser une meilleure productivité du travail.
Comme vous voyez, mes chers collègues, les champs d’application sont vastes et multiples. Quelque soit notre position en Polynésie vis-à-vis de ce sujet, le monde est en marche déjà à une allure rapide dans l’ère de l’Internet, de la dématérialisation et de l’accès aux informations sans frontières géographiques.
Nous sommes tous conscients des opportunités et de la puissance de communication internationale par le câble sous-marin à fibres optiques.
Les enjeux économiques, sociaux et culturels sont exposés. Ce dossier se représente 9 ans plus tard du démarrage du programme Metua nous donnant ainsi du recul et une historique de croissance dans ce domaine pour mieux nous projeter sur l’avenir.
Notre desserte de télécommunication par satellites dont un arrivant en fin de vie en septembre 2009, bien que des assurances ont été données pour qu’il soit remplacé, nous interpelle sur l’opportunité du moment de faire un choix pour un câble sous-marin en tenant compte du délai nécessaire de sa mise en œuvre, proche de 15 mois.
Le coût important de cet investissement peut être un frein à la décision, mais compte tenu de l’ensemble des éléments concourant au bénéfice de la population et des entreprises pour faire face aux défis de cette prochaine décennie,
D’autres projets de câble sous-marin transrégionaux dans le pacifique sud se profilent et interpellent l’attention de l’Etat et la communauté du Pacifique Sud qui sont autant de choses en mouvement.
Par ailleurs, le câble sous-marin de
La prochaine décennie va voir une concurrence entre pays riverains du Pacifique sud passant par le biais de l’usage de l’Internet et des facilités offertes aux entreprises et à la population.
La création d’une zone franche fiscale à vocation économique, de recherche et de formation est en accord avec ce que nous préconisons pour donner un booster à notre moteur.
Nous sommes maintenant à un tournant sur les grandes infrastructures numériques tout comme au temps de la construction de l’aéroport international ou de la construction de notre RDO, qu’il ne faut pas louper, c’est pourquoi nous sommes favorables à la démarche de service public comme déjà défini dans le code des télécommunications comprenant l’acheminement et le transport des signaux de télécommunications vers ou en provenance de
Nous sommes aussi favorables à la participation financière du pays dans ce projet compte tenu de l’importance du montant d’investissement pour 260 000 habitants, mais c’est financer un équipement structurant pour mieux accompagner les jeunes générations qui arrivent de plus en plus nombreux.
Quand à la délégation du dossier à Tahiti Nui Télécommunications (TNT), il est opportun que ce dossier soit du ressort de l’OPT pour la contractualisation et pour sa gestion. Cette situation juridique permettra à l’OPT, en comptes consolidés avec les filiales dont Tikiphone d’absorber les déficits d’activité du câble sous-marin sur la première décennie.
TNT aurait un rôle de prestataire de service pour l’hébergement, l’exploitation technique et la commercialisation des bandes passantes.
Telle est la position de Rautahi.
Je vous remercie.
Jean-Christophe BOUISSOU,
Président de Rautahi,
Président du groupe parlementaire Polynésiens Ensemble
Aucun commentaire pour cet article
DOCUMENTATION EN LIGNE
Commentaires