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Mercredi 19 décembre 2007

C'est un sujet qui a fait feu de paille dans la presse locale et qui a considérablement tourmenté les retraités du Fenua, il y a deux semaines. Le 29 novembre, le Président d'une association de retraités a adressé un courrier à Jean-Christophe Bouissou, lui demandant quelle était sa position sur le sujet, s'inquiétant du silence apparent des autonomistes de To Tatou Ai'a. Il est vrai que l'amendement des sénateurs Arthuis et Marini est apparu comme "un cheveu sur la soupe" encore bouillonnante de l'actualité politique locale. Le Président de Rautahi a cependant répondu en privé à la personne concernée le 29 novembre. 

Nous vous proposons un retour sur l'indexation des retraites en Polynésie française qui est un véritable "combat des Sénateurs" depuis déjà quelques années et dont nous ne risquons pas d'en voir la fin...

300 Millions d'Euros "en jeu": l'indexation des retraites DOM TOM est qualifiée de "sur-pension". Ce qu'on appelle l'ITR ou Indemnité Temporaire de Retraite a déjà failli être supprimée en 2004, 2005 et 2006  

 

(sénateurs UMP Jean Arthuis, à gauche, et Philippe Marini, à droite.)

C'est "un mauvais coup qui vient d'être porté à la Polynésie française et aux retraités de l'Etat par les sénateurs Arthuis et Marini, avec la déposition de l'amendement à la loi de Finances 2008 qui prévoit de supprimer l'indemnité temporaire pour les futurs retraités et de la ramener à 35% pour les retraités vivant en Polynésie qui n'y sont pas nés ou qui n'y ont pas passé les 5 années avant leur départ à la retraite" s'est inquiété le président d'une association des retraités en Polynésie française.

Le Président de Rautahi, Jean-Christophe Bouissou a ainsi répondu, à la date du 29 novembre 2007, qu'il avait été décidé, avec Gaston Tong Sang, d'intervenir auprès du ministre Christian Estrosi, dont la position rejoint celle de To Tatou Ai'a dans la défense des acquis des fonctionnaires retraités. Le Ministre de l'Outremer s'étant exprimé à ce sujet le 7 septembre 2007: "Il y a des abus choquants sur les retraites de la fonction publique. Mais il n'est pas question de porter atteinte brutalement à des situations considérées par les intéressés comme acquises"

To Tatou Ai'a a également soutenu majoritairement l'action du sénateur Flosse sur une proposition de voeu de l'assemblée de la Polynésie française (document ci joint déposé à l'Assemblée). "Un vote unanime aurait dû se faire [aujourd'hui] si le Tahoera'a et le Tavini n'avaient pas ensemble décidé de suspendre la séance. Ce qui nous a fait perdre encore au moins 24 heures."

Dans son exposé des Motifs soumis à l'assemblée de Polynésie française, le sénateur Flosse écrit que "cet amendement gravement préjudiciable [aurait] des conséquences catastrophiques pour l'économie des collectivités": Gaston Flosse affirme dans le même exposé que " [cet amendement] prévoit que tous les fonctionnaires qui prendront leur retraite à compter du 1er janvier 2008 ne pourront plus prétendre à l'ITR même s'ils sont originaires de l'outremer et y ont effectué toute leur carrière."

Mais au fait, pourquoi ce sujet fâche-t-il autant les sénateurs ?  

 

Il semblerait, selon un article des Echos (voir source ci-dessous) que " l'ITR accordée à plus de 30 000 retraités de l'Etat a un coût de 300 millions d'Euros" et qu'elle bénéficie injustement à des personnes n'ayant pas servi outre mer, les conditions de résidence "étant difficiles à contrôler".

Toujours selons Les Echos, le montant moyen de ce "bonus" représenterait 7 545 euros/an en 2005": qu'en est-il aujourd'hui?  

(Dominique Leclerc, sénateur UMP)

" L'amendement reprend le texte d'une proposition de loi déposée début juillet par le sénateur Dominique Leclerc (UMP), qui a déjà rassemblé 103 signatures" (Les Echos)

Il faut comprendre pourquoi un tel acharnement sur les acquis des fonctionnaires outremer...

 

Un changement brutal, radical, a pesé sur les nouveaux (et anciens) retraités locaux. Nous connaissons tous la cherté de la vie à Tahiti, le simple loyer d'un studio à Papeete allant de 90 000 à 120 000 francs et le salaire d'une femme de ménage, par exemple, avoisinant les 60 000 par mois, celui d'une secrétaire de direction diplômée, à plein temps, 180 000 francs, tandis que les professeurs agrégés de l'université peuvent commencer à près de 900 000 par mois, vacances scolaires, logement, déplacements pris en charge. Mêmes acquis pour les Instits et profs du secondaires dans le public, avec des salaires avoisinant 300 000 à +/ mois, ce que ne connaîtront les employés du privé qu'après des années de service... Cette aisance du fonctionnariat a fait de notre société une société du "tertiaire" et l'Ecole Normale croûle chaque année sous les demandes de dossiers.

Le fossé se creuse de plus en plus entre le marché du travail des secteurs privés et publics. Sachant que l'inflation annoncée pour janvier 2008 risque également de "brûler" un peu plus encore le pouvoir d'achat en Polynésie française, c'est un coup dur qui serait porté à cette transfusion étatique indirecte, dans notre circuit économique. Car c'est un argument commun de constater que les fonctionnaires font "marcher" l'économie locale. Un argument très contesté cependant: Nombre d'entre eux font leurs achats (tout ce qui est électronique, média, vêtements etc.) à l'étranger (Hawaii, USA); avec Internet il leur est même possible de contracter des assurances.

A côté de ce train de vie, de nombreuses cellules familiales en sont à vivre au strict minimum: ma'a, vêtements, tabac, logement; il existe même une santé à deux vitesses: se faire soigner en Nouvelle Zélande comme le fait Oscar Temaru, est un luxe qui n'est pas permis au commun du peuple. Le fonctionnariat, contrairement à la métropole, n'est pas ici à considérer comme une classe moyenne, mais aisée. Ce sont des faits, mais la vie d'un retraité fonctionnaire n'est pas celle d'un fonctionnaire: pourquoi s'en prendre à l'indexation des retraites, le problème ne serait-il pas ailleurs?. Les sénateurs profitent donc de cette prise de conscience de plus en plus aiguisée de la population métropolitaine, qui souffre d'un Euro trop fort.  "Le ralliement s'annonce plus large cette année, l'opinion publique se préoccupant de plus en plus de cette anomalie [ITR]" affirme le sénateur Jean Arthuis.

La présence des retraités fonctionnaires et des fonctionnaires "tout-court" a cet effet psychologique de "nous tirer vers le haut", d'obliger les classes sociales en difficultés à vivre quotidiennement ce qu'est la culture de masse ponctionnée par une économie forte, telle qu'à Tokyo ou New York.

Cet amendement est contestable sur plusieurs points:

- S'en prendre à des retraites, quelles qu'elles soient, paraît grossièrement injuste puisque les retraités ne peuvent exercer le droit de grève; ils ont pourtant cotisé toute leur vie et méritent de conserver les acquis.

- Les cotisations des fonctionnaires de l'Etat sont parfois lourdes: la perte de ces acquis de la retraite réduirait-elle ces cotisations? non.

- Le choix des sénateurs Arthuis et Marini paraît trop catégorique: non pas graduel, il serait catastrophique, un véritable couperet considérant la conjoncture économique annoncée pour janvier 2008.

L'économie polynésienne, encore plus que les autres collectivités d'outremer, ne peut s'offrir le luxe d'une baisse du pouvoir d'achat des retraités.

Les représentants de To Tatou Ai'a et du Tahoera'a ont approuvé unanimement l'action immédiate du sénateur Gaston Flosse. 

Mais, comme tous les acquis, l'indexation des retraites en Polynésie française, sera encore menacé, puisqu'il est, depuis 2004 devenu "un combat" des sénateurs.

Sources:

http://www.lesechos.fr/info/france/4653697.htm?xtor=RSS-2010

RESOLUTION /

 http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/26/15/95/proposition-n-14729-2007-du-29-11-2007.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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