Jean-Christophe Bouissou est intervenu aujourd'hui, au sujet de la modification n°1 du Budget de la Polynésie française afin d'abonder dans le compte destiné aux
calamités naturelles. Le président de Rautahi s'étant déplacé aux Australes, a souligné l'urgence à soutenir nos populations sinistrées par le cyclone Oli.
Salutations,
La délibération qui nous est présentée est à double considération.
Il s’agit d’abord du premier collectif budgétaire de l’année 2010. Plus précisément, c’est une délibération qui nous propose d’anticiper sur le résultat provisoire de l’année 2009, pour l’intégrer au budget de l’année 2010. Je me dois ici de préciser que c’est une démarche qui, parce qu’elle affecte les résultats avant la réédition des comptes, doit, il me semble, conserver un caractère hautement dérogatoire.
Mais le temps n’est pas à un débat technique et ce collectif est aussi l’expression d’une situation exceptionnelle qui demande une réponse exceptionnelle.
Et c’est bien ce à quoi nous invite le ministre des finances qui, au prix de quelques contorsions, nous propose avec le résultat provisoire d’alimenter le compte CAVC dédié à l’indemnisation des victimes de calamités.
C’est la deuxième considération de cette délibération. Car on ne peut pas lire celle-ci sans penser à la solidarité à laquelle nous sommes tenus à l’égard de notre population sinistrée. La nature a repris ses droits. Elle s’est rappelée à notre bon souvenir.
Et c’est, je pense, l’une des leçons que nous devons tirer de cette expérience. Celle de notre particulière vulnérabilité aux éléments naturels. L’Union Européenne elle-même considère que nous sommes parmi les populations les plus vulnérables aux changements climatiques. Tearii Alpha est d’ailleurs allé demander une aide à la Commission Européenne. Peut être pourrait il nous en parler ? Mais il n’y a pas que la Commission il y a aussi les météorologues qui s’accordent tous pour dire que dans le cadre du réchauffement climatique les évènements tels que ceux qui nous ont touché, connaitront une intensité grandissante dans les années à venir. Enfin, l’actualité mondiale de ces derniers mois nous rappelle durement que la nature peut anéantir des années d’effort en une poignée de minutes.
Nous ne devons donc plus sous estimés les risques naturels auxquels nous sommes exposés.
C’est la raison pour laquelle je souhaiterais qu’à l’avenir notre Compte d’Aide aux Victimes de Calamités soit toujours bien doté.
Après m’être rendu aux Iles Australes, je peux dire qu’il y a effectivement des dégâts importants. Que plusieurs familles sont durement touchées. Que nos équipements publics ont également soufferts. Je peux confirmer qu’il y a urgence à faire un effort pour soutenir notre population sinistrée.
Mais à celle touchée par le passage d’Oli s’en ajoute maintenant une autre qui à souffert des précipitations exceptionnelles que nous avons connu la semaine dernière.
Il faut donc aider notre population et le faire vite, le faire efficacement, de manière professionnelle et efficiente. Il faut que l’argent dépensé soit un argent efficace, un argent solidaire.
Car, je le dis tout de suite, gare aux excès. En ce sens la sonnette d’alarme tirée par le président de l’église adventiste doit être entendue. La population ne comprendrait pas que la solidarité se transforme pour certains en effet d’aubaine.
Il y va de la responsabilité du Gouvernement et du Haut Commissaire qui par l’intermédiaire de leurs services doivent trouver les synergies, les effets de levier, les moyens de contrôles pour agir vite et toucher juste.
Pour peu que l’on tienne compte des observations que nous formulons ici, notre groupe votera donc favorablement pour cette délibération.
Je vous remercie.
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